Le 31 Juillet 2026, le Premier Ministre a prorogé jusqu’au 15 septembre 2026, la clôture de l’opération du 4ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat, couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Elevage, lancé le 24 Avril 2026.
Tout devient complexe et compliqué au Cameroun. La frustration, l’inattention, le désarroi et le découragement ont envahi les camerounais. Rien ne semble plus bon pour eux et toutes les initiatives prises par le gouvernement, même pour leur bien être, sont perçues comme des distractions, porteuses d’intérêts au profit des gouvernants. Les camerounais sont échaudés par des crises multiples qu’ils endurent depuis de nombreuses années, et dont certaines solutions apportées, ne seraient que de la poudre de perlimpinpin. Même si la non couverture des zones enclavées est la raison officielle de cette deuxième prorogation, on ne peut tout de même pas éluder le manque d’engouement des citoyens à se faire dénombrer.
Le Recensement Général coincé
Suite à une correspondance du ministère de l’administration territoriale instruisant les autorités administratives, à plus d’accompagnement aux acteurs de l’opération, on a vu quelques préfets à la tâche. Ils ont entre autres, organisé des rencontres d’évaluation, conclues par des appels adressés aux populations . On croyait alors, avoir trouvé le bon filon. Que non. L’adhésion à ce recensement reste en deçà des attentes.
Les camerounais ont longtemps réclamé ce recensement général, en vain. Le gouvernement a entrepris plusieurs projets dont l’efficacité ne pouvait être envisagée, sans la maîtrise du nombre de la population du pays. La résistance des décideurs ont été alors perçue par les demandeurs, comme une stratégie fondée sur les raisons purement politiciennes. Et de toute évidence, pensent ces citoyens, l’organisation du recensement de la population se fera sur un timing, au goût bien calculé du régime. Une frange des camerounais estime que la valeur, les objectifs et l’importance de cette opération, recommandée par l’Organisation des Nations Unies, ont été dévoyés par les gouvernants.
Un outil de base pour le redécoupage territorial
Les camerounais sont conscients de l’importance du RG. Ils ont été sensibilisés par les leaders locaux. Ils savent que la maîtrise du nombre de la population est une donnée importante pour le redécoupage territorial, envisagé dans la note du 2 Décembre 2025 du Ministre de l’Administration Territoriale.
Sauf que, l’annonce et le procédé (par les gouverneurs) ayant précédé le déclenchement du Recensement Général, certains citoyens croient à tort ou à raison que les autorités administratives avaient déjà cheminé les propositions de redécoupage au Minat, et l’exercice en cours, ne servira qu’à autre chose. Bien sûr, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat, et le Recensement Général de l’Agriculture et de l’Elevage, sont des outils de programmation de la politique publique.
Autant, la population doit prendre conscience des conséquences néfastes d’une opération ratée, de son fait ; autant, le gouvernement doit continuer de prouver sa bonne foi, si le Cameroun tient à un recensement réussi de sa population.
© Alexis Yangoua

