L’Opinion s’inquiète du parfum de partialité qui semble se dégager des deux affaires liées à la pratique de la justice populaire, et dans lesquelles les chefs traditionnels seraient impliqués. Il s’agit de la mise à mort des présumés voleurs. Le cas du village Baloum dans le département de la Menoua, dont la scène macabre avait tenu d’actualité en haleine, pendant plusieurs semaines. Aussi, un acte quasi similaire qui se serait déroulé à Fondjomekwet, dans le Haut Nkam. Le 29 Juillet 2026, la Ligue des Droits et Libertés (LDL) a commis un communiqué à travers lequel, elle relève quelques disparités dans le traitement de ces affaires par la chaine judiciare, et condamne cette justice de la foule.
Communiqué
Le 5 Juin 2026, les populations de Baloum en colère, se sont rendu justice en brûlant vif les nommés Steve Achille Diffo Sijamo et Borel Kemta, soupçonnés de vol de tôles sur le toit de l’école privée catholique Saint Dominique de Baloum, Arrondissement de Penka-Michel, Département de la Menoua, Région de l’Ouest.
Certains auteurs présumés de ce crime odieux, dont le chef supérieur de ce groupement sa majesté Consty Pokam Noussi, ont été interpellés et sont en détention à la prison de Dschang.
Depuis quelques temps, les actes de justice populaire sont récurrents au Cameroun en général et dans la Région de l’Ouest en particulier. En effet, le 28 Octobre 2021, deux malfrats présumés avaient été brulés vifs à l’entrée de la chefferie Fondjomekwet dans l’Arrondissement de Bandja, département du Haut-Nkam. La responsabilité du chef supérieur de cette localité avait été mise en cause dans cette affaire.
Selon des sources, l’enquête ouverte aurait été abandonnée, et les auteurs présumés seraient toujours en liberté.
La Ligue des Droits et Libertés (LDL), organisation de défense des droits de l’homme :
1- Considère qu’un Etat de droit ne s’aurait s’accommoder d’une justice à tête chercheuse ;
2- Rappelle que le phénomène de justice populaire est un crime de sang et, comme tel, il est imprescriptible ; que l’article 7 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme dispose: «Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans discrimination, à une égale protection de la loi… » ;
3- En conséquence, demande avec insistance, la reprise sans délai, de l’enquête sur les évènements survenus à Fondjomekwet afin que les auteurs soient traduits devant les tribunaux, jugés et les coupables punis selon la loi.
4- Attire l’attention de la Commission des droits de l’homme du Cameroun sur cette situation et demande aux organisations de promotion et de protection des droits de l’homme de se mobiliser pour cette cause.
5- Condamne avec force la récurrence de la vindicte populaire dans notre pays et rappelle que le lynchage et la mise à mort par la foule viole l’article 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme qui dispose : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne… ».
6- Invite les acteurs de la société civile et les forces vives à intensifier la campagne de sensibilisation contre ce phénomène qui tend à devenir un fléau dans notre pays.
Fait à Bafoussam, le 27 juillet 2026
Le Directeur Exécutif
Charlie Tchikanda
Chevalier de l’Ordre de la Valeur.

