Dans la kyrielle des réclamations formulées par les acteurs, en vue des élections fiables, inclusives et transparentes, figurait l’indisponibilité des cartes d’électeurs. C’est désormais chose faite. Selon les statistiques de la délégation régionale Ouest d’Elecam, 23 759 cartes d’électeur attendaient propriétaires en 2024. En 2025, 76 162 ont été produites pour un total de 99 921 disponibles.
Au 29 Avril 2025, seules 12 755 ont été distribuées. Reste dans les tiroirs des 40 antennes communales, 87 166. La Mifi tient la première place avec 26 164 cartes non retirées, pourtant 2ème au classement des inscrits avec 171 319. Suivi de la Menoua : 144 999 inscrits et 14 333 cartes non distribuées. Bamboutos : 117 017 inscrits et 11 291 cartes d’électeur stockées. Par contre, le Noun a une fois encore démontré sa maturité politique. 1er au classement des inscrits avec 217 487, il occupe le 4ème rang au classement régional des cartes non distribuées : seulement 10 238.
Avec ses données, on a envie de dire « le naturel refuse de s’effacer », en dépit des enjeux et le désir ardent de changer qui s’exprime bruyamment à l’approche des élections. Qu’est-ce qui peut justifier ce contraste entre l’engouement au moment des inscriptions et le retrait du sésame ? Notons que la région de l’ouest a enregistré 20 208 nouveaux inscrits au 29 Avril 2025.
Les acteurs du processus électoral qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour faire inscrire les citoyens, doivent encore prêter leur énergie à Elecam afin que tous ces inscrits entrent possession de leurs cartes d’électeur. Si non, à quoi aurait servi ces bousculades pour se faire enregistrer ? Bien sûr, on dira que la CNI et le nom sur la liste pourraient suffire. Il faut aller à ces élections avec toutes les chances avec soi. Sait-on jamais. Attendent-ils la dernière minute pour créer le bouchon devant les bureaux d’Elecam ? C’est bien camerounais ça
© Alexis Yangoua

