Élections 2026 : Talla Tamto convoite-t-il le poste de maire de la ville de Bafoussam ? Point de vue de Michel Mombio.

A quelques semaines ou mois des élections municipales et législatives, les intentions sont exprimées à travers les réseaux sociaux. Les potentiels candidats aussi bien du RDPC et que des oppositions, dévoilent leurs ambitions avant même que le corps électoral ne soit  convoqué. Une chose est certaine, les scrutins auront lieu en 2026.

Ces positionnements  légitimes, mais anticipés, non seulement chauffent à blanc l’enthousiasme des camarades fidèles, mais également, alertent les partis politiques, desquels, les candidats devront  obtenir l’investiture.

La ville de Bafoussam, le grand enjeu local

C’est la « super mairie » de l’Ouest, avec un compte administratif qui pourrait frôler  4 milliards F Cfa en ce 2026.  De quoi faire pourlècher plus d’un politicien. La Communauté Urbaine de Bafoussam  est le cœur battant de la région. C’est toujours  un prestige d’y accéder comme maire. En cela, elle attise la convoitise des politiciens de tous bords.

« J’ai une grande vision pour la ville de Bafoussam. J’ai fait un grand rêve. Ensemble, tous ensemble, tout est possible. Il nous faut de l’audace » ; pouvons-nous lire sur la page facebook de Talla Tamto Amadou, militant du RDPC de la section Mifi Centre.

Loin de nous, l’idée de lui prêter des intentions. Nos observations sont placées dans un contexte préélectoral et en tant qu’acteur politique, il a le droit et la capacité  de « rêver » et même d’atteindre ce à quoi,  il aspire.

« La ville de Bafoussam regorge des talents dans tous les domaines et dans toutes les tribus. Leur mise en commun ferait de Bafoussam la première ville d’Afrique » ; renchérit le conseiller régional délégué de la Mifi (Bafoussam 1er), dans un style qui s’apparente à une profession de foi.

« L’avenir de Bafoussam dépend de vous. C’est votre ville, C’est notre ville. Ensemble, tous ensemble, nous pouvons lui donner sa … » ; poursuit Amadou Talla Tamto; cette fois, dans une note qui  sonne comme un slogan de campagne.

Subtilement, l’homme semble se positionner, en même temps qu’il injecte quelques  éléments de langage dans l’opinion. Ne soyons surtout pas candides,  il pourrait s’être  mis  dans un jeu de diversion au service d’un tiers. D’ailleurs, à ce poste du chef de l’exécutif de la ville de Bafoussam, les élites de Bafoussam 2ème, auraient déjà porté leur choix sur  l’actuel maire de la commune de  Bafoussam 2ème, Kengni Kout Lévis.

Les préalables

Pour que Talla Tamto  Amadou soit maire de la ville de Bafoussam, il doit figurer dans la liste des 61 candidats conseillers municipaux de la commune de Bafoussam 1er. Ensuite, être coopté parmi les 10 « grands » conseillers devant représenter cette commune au conseil de la ville, s’il n’est pas maire  de cette commune. Les maires d’arrondissement étant  des membres de droit, de l’organe délibérant du conseil de la ville.

Déjà, la liste du RDPC doit avoir gagné à une majorité absolue, soit occupé la première place dans une proportionnelle. Dans la seconde hypothèse, il faut espérer que les résultats des candidats du parti au pouvoir soient les  meilleurs à Bafoussam 2ème et 3ème.

« Focka Focka de Bafoussam 1er est président du Conseil Régional. Il n’est pas possible que son frère Talla Tamto, soit Maire de la Ville de Bafoussam. Qu’il reste à son poste de conseiller régional… », fulmine un militant RDPC de Bafoussam 3ème.

Aucune disposition de la loi, n’obstrue l’ambition  de Amadou Talla Tamto ; si c’en est une. Sauf la dictature des plis fermés, contre laquelle, on voit les poings se former  au fur et à mesure que l’échéance point.

© Alexis Yangoua

 

Réaction de Michel Mombio, analyste politique

« La politique est une affaire de gens sérieux et surtout visionnaires. Or la tribu ne saurait être un horizon politique, car le corps électoral ne se limite pas à un village. Hélas certains interprètent mal la notion d’autochtonie et sombrent dans un tribalisme préjudiciable au RDPC. Chacun doit présenter sa vision et non son village. Le parti RDPC devrait imposer les débats internes entre candidats afin qu’ils présentent leurs programmes et non leur village. Alors cet homme a-t-il une vision en dehors de ses intentions basées sur son origine ?  Car l’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions ».

Propos recueillis par Alexis Yangoua

 

 

 

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