Présidentielle 2025 : s’il fallait choisir entre Bello Bouba et Issa Tchiroma ?

A exactement 2 mois de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le débat sur les deux anciens partenaires du régime commence à s’imposer dans l’espace public. Tous sont originaires du septentrion ; une base électorale longtemps acquise au candidat du  rdpc et dont la déstabilisation par ces deux candidats, rabattra tous les calculs.  Déjà,   certaines analyses   évoquent  la défaite de Paul Biya si ces leaders jouent intelligemment ; une première depuis 1992.

Seulement, si Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary refusent de se mettre l’un dernière l’autre, il est fort probable que le candidat du rdpc soit bénéficiaire de la dispersion  des voix dans ces trois régions.

Dans ce cas de figure, il reviendra aux électeurs épris du changement, de choisir leur cheval gagnant des deux. Il s’agira d’une option dépassionnée, non éditée par des fantasmes et déclarations mirifiques des candidats. A ce stade ultime, les citoyens votants doivent être moins messianiques et se garder des faux – semblants pour observer  les deux acteurs avec circonspection et intelligence.

Accordons la présomption de confiance à ces deux candidats dont le passé semble troubler quelques esprits échaudés. Issa Tchiroma Bakary est  bruyant et charmeur par ses propos agressifs contre le régime. Une posture comparable à un hameçon savamment monté par le candidat du FSNC et auquel le peuple impatient est exposé. Contrairement à Bello Bouba Maïgari qui avance silencieux  et pondéré tel un chasseur de biche, avec une stratégie qui pourrait endormir l’adversaire. Il est focus sur un programme ajusté selon la demande : révision de la  constitution, le fédéralisme, le dialogue inclusif, la double nationalité…

En réalité, quel des deux candidats anciens ministres et originaires du grand Nord dispose d’une machine électorale à même de tenir tête à celle du rdpc, ne serait ce que dans cette partie du pays ?

Le FSNC dispose de 3 députés, 1 sénateur et 4 communes ; donc des élus dans les régions du Nord et de l’Extrême Nord. Mais depuis sa démission de la plate forme avec le RDPC, il a subi des affres du régime. Des pratiques qui ne sont pas sans conséquences sur sa machine électorale. Les départs du député Salmana Amadou Ali et du maire de la commune de Pitoa, Ousmanou Aman Saa’ly alias Yerima Dewa avec un bon nombre de conseillers municipaux, sont une grosse panne financière et stratégique dans l’appareil de campagne, dont même les recrues du PCRN Nord ne pourraient combler. Bien que l’exclusion ou la démission du Secrétaire Général, Madame Jeanne Nsoga soit perçue comme une perche tendue à l’électorat de Maurice Kamto, il ne reste pas moins que cette situation regrettable a fragilisé la structuration administrative du FSNC. Le candidat  Issa Tchiroma Bakary va à cette élection présidentielle, jouissant certes des faveurs d’une certaine opinion, mais avec malheureusement de gros handicaps orchestrés par les événements sus évoqués, qui rendront inéluctablement très difficiles ses déploiements en dehors de Maroua et de Garoua.

L’UNDP par contre, compte 7 députés, 2 sénateurs, 17 communes, 1 conseil régional de l’Adamaoua, des conseillers régionaux dans l’Extrême Nord, des conseillers municipaux dans la région de l’Est et une structure administrative et politique stable qui s’est d’ailleurs renforcée avec de nouvelles recrues. Si le FSNC est visible dans 2 régions seulement, l’UNDP a ainsi des élus dans 4 régions du Cameroun. Ses structures ou fédérations du Centre, de l’Ouest, du Sud Ouest et du Littoral sont vivantes et fonctionnelles, contrairement aux démembrements  du FSNC qui même lorsqu’ils existent, sont généralement dans un état végétatif. L’UNDP du Nord Ouest s’est renforcée avec l’arrivée des anciens  cadres du SDF ou G27 et leurs camarades.

Ainsi, dans le cadre d’une éventuelle coalition des forces politiques pour l’un ou  l’autre des 2 candidats, elle sera plus utile à l’UNDP qui dispose déjà des socles dans toutes les 10 régions, contrairement au FSNC qui dans plus de 5 régions/ 10, ne sera pas certain d’avoir des bases  sur lesquelles  les éléments de ladite coalition peuvent  s’appuyer pour travailler.

Entre le FSNC et l’UNDP,  qui font déjà l’objet des débats, le candidat Issa Tchiroma Bakary, s’il tient à sa parole d’homme du peuple, devrait tuer son égo, accepter ses faiblesses et  joindre ses forces à celles de Bello Bouba Maïgari.  C’est la seule option favorable à l’opposition dans le grand nord du Cameroun.  D’ailleurs,  ce vœu est  suffisamment exprimé aussi bien par certains citoyens que par des acteurs et activistes  politiques.

© Alexis Yangoua

 

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