L’élection des conseillers régionaux se tiendra le 30 Novembre 2025 dans les 58 départements du Cameroun. Il s’agira de l’élection des conseillers régionaux délégués départementaux et les conseillers régionaux relevant du commandement traditionnel ; dont le collège électoral est constitué de chefs traditionnels.
Deux départements de la région de l’Ouest cristallisent l’attention. Il s’agit du Haut Nkam et du Noun. Dans ces unités administratives, les chefs traditionnels n’ont pas pu s’entendre pour une liste consensuelle dans leurs départements respectifs. Deux(2) listes de chefs seront en compétition dans le Haut Nkam et quatre (4) dans le Noun. Ce sont d’ailleurs deux départements de l’ouest dont l’éducation politique des citoyens, est largement au dessus de la moyenne.
Le Noun
« Il y a longtemps que l’effet Ndam Njoya a aussi atteint les chefs traditionnels du département du Noun… », l’extrait de commentaire d’un observateur fait, suite à la publication des listes des candidats par Elecam.
A la première mandature (2020 – 2025), le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, avait fait prévaloir son autorité et son pouvoir discrétionnaire. Une liste de 3 chefs avait été déposée à l’Elecam. Elle était composée de 2 chefs de 2ème degré. Ce qui n’avait pas plu à ceux de 3ème qui tiennent l’essentiel de l’électorat. Ces derniers, tout comme certains de 2ème degré avaient voté en murmurant de colère.
La bataille des chefs
2025, les choses ne seront plus comme par le passé. Les autorités traditionnelles du Noun veulent jouir de la libre expression que leur confèrent les dispositions de la loi qui régissent l’élection des conseillers régionaux (Article 243 alinéa 1). Et SM Nabil Mbombo Njoya, héritier du Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, ne pourra pas leur en empêcher. 5 listes seront montées, mais Elecam enregistrera 4, qui seront retenues. Il s’agit de :
- Mongbet Vessah Ibrahim (2ème degré, tête de liste et conseiller régional sortant), avec pour colistiers Nchankou Zakari Aminou (2ème degré) et Mvouentchi Mathieu (Chef Tikar de 3ème degré).
- Njankuo Samuel Salvador (2ème degré, tête de liste et conseiller régional sortant). Ses camarades sont : Mfombam Bachirou (3ème degré de Foumbot) et Ngbekon Pierre Adamou (3ème degré de Magba)
- Nsangou Idrissou (2ème degré de Foumbot et tête de liste), Ahmadou Rouphai Dairou (3ème degré de Didango – Mbororo de Koutaba) et Mouiche Josue Albert ( 3ème degré de Foumban)
- Mefire Abdou (2ème degré Malantouen et tête de liste), Danjouma Chouaibou (3ème degré de Foumban) et Fifenien Njikam Paul Legrand (3ème degré de Njimom).
Un collège électoral dispersé et complexe
Pour ce qui concerne le commandement traditionnel du Noun, le collège électoral est composé de 188 électeurs soit : 1 chef de 1er degré (le sultan) ; 16 chefs de 2ème degré, au lieu de 17, par ce que le héritier de Nji Pekassa ( Nji Vessah Olivier) de Magba n’a toujours été choisi ; et 171 chefs de 3ème degré, repartis comme suit et par arrondissement : Massangam 26 ; Foumbot 22 ; Bangourain 9; Njimom 15 ; Malantouen 27 ; Magba 16 ; Foumban 34 ; koutaba 15 ; Kouoptamo 7.
Dans le Noun, il est difficile de pronostiquer sur la base des données sus listées ; ce d’autant que les chefferies de 2ème degré sont pour la plupart à cheval sur 2 ou 3 arrondissements. A titre illustratif, le cas de l’arrondissement de Foumban qui compte 34 chefferies de 3ème degré. La tête de liste 1, y vit et y a sous son autorité traditionnelle, quelques chefs de 3ème degré, et d’autres établis dans l’arrondissement de Njimom. Idem pour la tête de liste 2, dont certaines chefferies de 3ème degré sont aussi basées à Foumban, et une majorité plutôt dans l’arrondissement de Massangam. Et le 3ème de la liste 3, fait partie des 34 de l’arrondissement de Foumban.
A cela, il faut ajouter les influences liées à la politique politicienne; aux croyances religieuses ( chrétien et musulman), et à la minorité Tikar; aussi aux affinités diverses.
On est ainsi dans un jeu très serré, duquel, il est difficile de se prononcer sur qui pourrait être vainqueur ou quelles listes pourraient être concernées par un éventuel partage de sièges.
© Alexis Yangoua

