Les veuves du département du koung- Khi, à travers leur association, ont choisi la chefferie Moutcha, pour abriter les activités de la 16ème édition de la journée internationale qui leur est dédiée, et qui se célèbre le 22 Juin de chaque année. Par ce choix, les femmes ont voulu exprimer leurs reconnaissances à SM Paul Tchatchouang, pour sa constante sollicitude à leur égard et surtout, auprès des orphelins du département du Koung- Khi, à travers la Fondation Paul Tchatchouang.
Le cri des veuves du Koung – Khi
« Justice, dignité et autonomie économique pour les veuves », est le fil rouge de cette 16ème édition de la Journée Internationale des Veuves ( JIV). C’est ce thème qui a d’ailleurs sous tendu la causerie éducative, au cours de laquelle, les veuves, se sont extériorisées. « Mon mari était infirmier. Depuis qu’il est mort, je n’ai pas pu toucher ses revenus. J’étais la 2ème femme. Les grands enfants ont pris tous les papiers nécessaires qui pouvaient me permettre de constituer les dossiers de la CNPS. Jusqu’à présent, je n’ai pas fait. Mes enfants ont été obligés d’avoir des retards à l’école ; et les autres ont carrément abandonné, par ce qu’il n’y avait de moyens », relate Rosalie Chatche. Son histoire de femme veuve est similaire à celle de Marie Paussi, par ailleurs la présidente de l’Association des Veuves du département du Koung – Khi.
Doléances des Veuves du Koung– Khi
Chacun des griefs débouche sur une doléance et surtout des plaidoyers interpellatifs, adressés au gouvernement et son chef. Sans les avoir cités nommément, certains fonctionnaires sont soupçonnés d’être complices de leurs difficultés. Les facilités aux prêts bancaires pour leurs activités agricoles, des appuis en intrants agricoles sont entre autres sollicitations des veuves du Koung– Khi, qui pour la plupart disposent des terres cultivables. Elles ont exprimé leur émoi de constater que leur association est rarement prise en compte lors du partage du « gâteau national ». En face, Madame le Délégué Départemental de la Promotion de la Femme et de la Famille, Chantal Magang, l’adjoint sous préfectoral de Djebem et le chef Moutcha, SM Paul Tchatchouang, ont éclairé leurs lanternes sur des sujets associatifs et de droit ; aussi sur leur autonomisation économique « Autre le fait que nous avons des barrières sociales dues à certains contextes, nous ne devons pas laisser les femmes, surtout les veuves, se laisser emporter. Il faut qu’elles soient autonomes, qu’elles se libèrent pour contribuer à leur manière au développement, non seulement de leurs familles, aussi de leurs communautés…», a indiqué le chef Moutcha et ancien parlementaire, qui aura entretenu les veuves sur la nécessité pour chacune d’elles, de se construire une autonomie financière.
Formation entrepreneuriale
Ce n’était pas que des discours et conseils théoriques. Les femmes veuves ont appris comment fabriquer l’huile d’avocat et le vinaigre alimentaire. Leur hôte leur a donné l’assurer de son accompagnement constant, qui devra selon ses possibilités, renforcer ces formations entreprises.
Quant à la phase culturelle, l’assistance a regardé avec beaucoup d’admiration, une pièce théâtrale qui mettait en scène un couple de jeunes mariés en voie de se séparer. Dans le rôle de l’assistant social, maman Rosalie Chatche, va réussir à les réconcilier, avec des conseils tirés des leçons du vécu.
Il ressort des échanges que les difficultés des veuves du Koung Khi sont nourries entre autres par la sous information, le poids des traditions, la lourdeur administrative, la corruption de certains acteurs étatiques.
© Alexis Yangoua

