Révision constitutionnelle : et si Paul Biya ne la promulgue pas ?

Quand Paul Biya n’est pas silencieux au point de se faire oublier, il suscite un événement pour faire jaser les camerounais. La révision constitutionnelle qui a tenu l’actualité nationale en haleine, pourrait en être un.

Après tous les vacarmes entendus au palais des verres, les arguties de certains intellectuels pro régime et le sophisme du communicateur en chef du Comité central, Paul Biya peut rester égal à lui-même ; c’est-à-dire, rassembler toute cette paperasse défendue devant le Congrès par ses servants et adoptée par une majorité parlementaire servile ; et les ranger dans un coin de la présidence, sans se presser de la promulguer. Le journaliste et enseignant d’universités, François Marc Modzom dira que le Nnom Ngui est dans le silence présidentielle.

Quand il aura fini de placer ses concitoyens dans l’expectative, il se remettra de nouveau à cogiter sur un autre sujet qu’il leur jettera en son temps, comme un os aux chiens.

On attendait le nouveau gouvernement, le pouvoir aux femmes et jeunes, annoncés  dans son discours d’investiture le 6 Novembre 2025. Rien de toutes ces promesses. Bien au contraire, les présidences des  conseils régionaux, toutes tenues par les militants du parti RDPC, ont été confiées aux hommes.

Le 31 décembre 2025 et le 9 février 2026, le nouveau gouvernement était sensé être publié dans les « prochains jours ». On attend, on attend on on on… On attend…en se masturbant les méninges, au rythme bien cadencé par les sonorités de l’artiste musicien Cirage, d’heureuse mémoire.

Au  RDPC de l’Ouest, le Président de la République, comme  Chef traditionnel

D’ailleurs, à l’Ouest Cameroun, évoquant la succession à la tête de l’Etat, les camarades de Paul Biya, y compris l’actuel Président de l’Assemblée Nationale n’avaient de cesse  de marteler  que, le chef n’est remplacé qu’après son décès et le héritier, n’est pas publiquement connu, avant le disparition du père. Paul Biya peut toujours se souvenir qu’il est le chef des chefs. Dans ce cas, soit il garde cette révision sous le boisseau, soit il la promulgue ; mais s’abtient  de nommer un Vice – Président. D’ailleurs, les « notables couturiers » de cette révision  constitutionnelle maitrisent  trop bien les us et les traditions, qu’ils n’ont pas dérogé à la règle . SM le Chef suprême  nommera un Vice – Président  et  le destituera, au gré des esprits des ancêtres du grand village. Il fallait bien un fils de l’Ouest, le Notable Datouo Théodore, pour coordonner ce rite constitutionnel. Il ne lui reviendra pas de promulguer cette révision selon l’article 31 alinéa 2 de la constitution, au cas son chef serait resté muet. C’est à dire constater sa carence  affichée.

© Alexis Yangoua

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *