Tonga / Baloua : l’arrêté du ministre Atanga Nji crée des velléités de tension dans Bandounga.

Par un arrêté en date du 10 Juin 2025, le Ministre de l’Administration Territoriale reclasse la chefferie de 3ème degré de Baloua – Bambou au 2ème degré avec pour siège à Baloua. Le territoire de commandant est aussi défini. Le nouveau Baloua – Bambou est ainsi composé des chefferies de 3ème degré de Baloua – Satse, Baloua – Ngoffi et Baloua – Nouham, créées par des arrêts préfectoraux.

Cet arrêté du MINAT, consacre l’indépendance du village Baloua vis-à-vis du groupement Bandounga, chefferie de 2ème dégré.

Seulement, certains chefs de villages et quartiers de l’arrondissement de Tonga, semble – t il, majoritaires n’apprécient pas cette décision pour n’avoir pas été consultés disent – ils, comme l’exige la réglementation. Le président du conseil des chefs traditionnels de l’arrondissement de Tonga serait aussi surpris par ce  reclassement qui brouillerait les dispositions et accords coutumiers. A titre d’exemple relevé par un notable Bandounga « Cet arrêté institue Baloua comme siège de la chefferie Bambou, tout en excluant ce village de son ressort. Ce qui signifie que Baloua de Ndjindoh est désormais inféodé à Bambou : ce qui est inadmissible dans l’ordre coutumier … »

Dès publication de cet arrêté, une action de contestation a été aussitôt mise sur pied, avec pour  dénomination le « Mouvement  du  peuple  Bandounga du 22 juin 2025 ». Effectivement, selon nos sources, le 22 Juin 2025, ce mouvement n’a pas pu contenir sa frustration et a entrepris des initiatives, dont des menaces de vote contre la candidature de Paul Biya, porte fanion naturel du RDPC à la prochaine élection présidentielle ; si le ministre Paul Atanga Nji ne rapporte pas son arrêté, qui disent il, est venu semer un  trouble sans précédent dans un groupement paisible.

Cette  dynamique  composée  de chefs de villages  et quartiers ; aussi de quelques citoyens engagés pour l’intégrité et l’indivisibilité  du groupement Bandounga, a été reçue  par SM Ngapmou Louis, chef dudit groupement. Il leur a passé un message d’apaisement, non sans exprimer sa gêne de n’avoir pas été consulté. « Je ne me cache pas pour vous dire, Tonga devra voter pour Paul Biya en Octobre 2025, en soutien à nos fils qui ont bénéficié de sa confiance et qui nous honorent… » a – t – il martelé.

Le moment était – il propice pour ce type d’acte ministériel ? Le ministre Paul Atanga Nji, le grand chantre de la paix avant, pendant et après l’élection présidentielle, aurait pu renvoyer sa décision pour éviter ces  velléités de tension, en cette période délicate. Que  dire de ceux du reste du grand groupement Bandounga qui malgré les appels du chef, voteront contre le candidat du RDPC ? Déjà, l’arrondissement de Tonga est l’une des unités administratives de l’Ouest qui n’ont jamais pu éradiquer l’opposition de leurs territoires. D’ailleurs, le MRC y est tout feu, tout flamme. Le SDF pourrait toujours s’appuyer sur une forte communauté anglophone établie, pour se remettre sur les jambes et l’UDNP est en train de poindre.

SM Ngapmou Louis et certains de ses bras forts ont décidé d’entreprendre et de manière « républicaine» des démarches en vue d’obtenir l’annulation de cet arrêté  qui reclasse  la chefferie Baloua en 2ème degré. Dans certaines situations similaires à  celle de Bandounga, à travers des plaidoyers portant des  insuffisances tant dans le  processus de consultation, que sur la délimitation  réelle  du territoire  de la nouvelle unité ;  les contestataires  ont pu amener les  décideurs  que sont le MINAT et le Premier Ministre à rapporter leur décision.  Selon les cas, la complaisance des autorités administratives locales est accusée.  Toujours est – il que, si rien n’est fait, il y a fort à parier que l’application de cet arrêté  connaitra de très fortes résistances dans l’espace de Bandounga.  Avec une superficie de 342m2, sensiblement  celle du département du Nkoung -Khi, le groupement de Bandounga mérite d’être érigé en 1er degré, pour permettre aux autres villages  de 3ème degré,  tels Babitchoua, Baloua… de passer au 2ème degré.

Alors que les camerounais attendent un vaste  redécoupage territorial partant  du sommet (régions, départements, arrondissements…), pour laisser luire la décentralisation sur les unités de base du Cameroun, on vit ces derniers temps, un saucissonnement  parfois inexpliqué  des groupements et villages; voire des quartiers. Le Minat Paul Atanga Nji n’a pas réglé le cas de la chefferie Bangou et on cherche toujours à connaitre le visage de celui ou ceux qui (a) ont bloqué la commission commise à cet effet par le Premier Ministre. On peut aussi citer de nombreux chefs traditionnels du département du Ndé, bien établis dont les actes d’homologation tardent à être signés.

© Alexis Yangoua

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