Elections locales de 2026 : pourquoi il faut absolument y aller.

Après les élections présidentielle et régionale, les regards sont désormais tournés vers les législatives et municipales dont, selon les termes du décret de prorogation, les corps électoraux peuvent  être convoqués à tout moment.

L’importance des deux élections

Les postes de conseillers municipaux et de députés sont souvent qualifiés et péjorativement par certains esprits, de petits pouvoirs. Evidemment, ce sont des petits pouvoirs, avec valeur  de  niches de finances et moule pour fabrique des cadres politiques.  Ils sont également un élément duquel est évalué l’encrage d’un parti politique, sur un territoire donné. En ceci qu’un élu au suffrage direct, peut être  perçu comme la preuve de l’existence réelle du parti qui l’a investi,  dans sa circonscription électorale de compétition.

Pour le cas des conseillers municipaux, ils influencent en qualité d’électeurs, les élections régionales et sénatoriales ; aussi le choix des maires de ville, là où les communes sont regroupées en Ville ou Communauté Urbaine.

Illustration pratique

Pour justifier le boycott  de leur parti aux élections du 09 Février 2020, certains militants et sympathisants du MRC, avaient cru bon de minimiser ces échéances et leurs impacts sur le changement, pour lequel ils se battent. Dans un communiqué rendu viral et attribué au Secrétaire Général par Intérim du FSNC,  il est  indiqué que le parti politique présidé par Issa Tchiroma Bakary ne prendra pas part aux prochaines élections municipales et législatives. « Ce sera un gros gâchis », a réagi un observateur de la scène politique.

Si ces décisions relèvent souvent d’une stratégie imposée depuis le sommet du parti, il est constaté que beaucoup de ceux des militants et sympathisants qui les gobent sous prétexte d’une fidélité à la discipline du parti, ne sont pas toujours au courant des manques à gagner, pour eux et pour leur famille politique.

Le petit exercice ci – dessous, a valeur d’information pour cette classe de politiciens.

Cas  de Bafoussam 1er dans le département de la Mifi, Région de l’Ouest.

Si un parti politique remporte avec une majorité absolue, la commune de Bafoussam 1er (61 conseillers municipaux), comme ce fut le cas du SDF en 2020, c’est pratiquement 18 cadres  du parti, qu’il s’est directement attribué. Ce sont :

  • 1 maire et 6 adjoints
  • 10 conseillers municipaux qui devront siéger comme grands conseillers au Conseil de la Ville ou à la CUB
  • 1 adjoint au maire de la Ville

Et si ce parti politique se retrouve dans une éventuelle proportionnelle dans l’une des communes  de Bafoussam 2ème ( 35 conseillers municipaux) ou de Bafoussam 3ème ( 31 conseillers municipaux),  ce sera :

  • 1 Maire de Ville de Bafoussam
  • 8 conseillers régionaux, plus tard.

Soit 9 cadres de  plus.

Pour cette mandature qui pourrait être celle de 2026 – 2031, ce parti politique aura 27 cadres découlant de sa victoire à Bafoussam 1er. À cela, il faudra ajouter 60 conseillers municipaux.

Puis que les élections sont couplées, la probabilité pour que ce parti, rentre dans la proportionnelle de la législative est très  forte. Il pourra ainsi avoir 1 député / 2

Ce parti politique aura au bout du cycle électoral:  28 cadres et 60 conseillers municipaux, avec un impact très intéressant sur les recettes du parti politique.

Il n’est donc pas seulement une  question de « créer son parti pour donner des postes de maires et députés aux gens…», comme on l’a entendu en 2020. Ce sont des ressources propres pour le fonctionnement  du  parti via des cotisations Conséquentes. Ce sont au final pour cette mandature, 88 membres qui acquerront une expérience électorale et des aptitudes  à la gestion des affaires locales, et par ricochet, à la compréhension du jeu des politiques publiques nationales, c’est-à-dire, la gestion du pays.

©  Alexis Yangoua

 

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