« Un visage tangible de la transformation industrielle en cours dans notre pays », c’est le constat que l’on se fait après la visite de ce mastodonte pôle économique en puissance, dont l’expansion captive par la diversité des activités qui l’animent. Fonctionnelles pour les unes et une foultitude d’autres activités en construction.
Composante portuaire du Port Autonome de Kribi
Le Port Autonome de Kribi, est situé sur la façade Est de l’Atlantique, une position qui lui offre une grande capacité portuaire. C’est un nouveau Terminal à conteneurs de 715 mètres de linaires, disposant de 15 portiques de parc RTG, 5 portiques de capacité de levage de 61 tonnes et 1 portique de 65 tonnes. Sa capacité de pouvoir accueillir des navires de 400 mètres, d’un port d’environ de 2800 conteneurs, la positionne parmi les meilleurs espaces portuaires de l’Afrique. Le PAK présente une capacité de traitement d’1 million de conteneurs.
Un Terminal polyvalent de 645 mètres de linaires de quai, disposant de grues mobiles de 40 et 25 tonnes de capacité de levage. 2 Terminaux pétroliers offshore ; 1 Terminal gazier offshore et d’une digue de protection de 1355 mètres.
La Zone Industrielle du Port Autonome de Kribi
Si la composante portuaire a presqu’abordé sa phase de productivité, la zone industrielle du PAK est un vaste chantier avec de nombreuses et importantes implantations qui attestent de la véritable transformation industrielle. 15 000 hectares y sont dédiées et 2600 hectares réservés à la Zone industrielle intégré.
Ici, sont installées des industries lourdes : de services, en passant par les activités logistiques. Afriland first Bank est le tout premier service financier à s’y être installé. Tractafric y a installé son usine de montage d’équipements BTP et fait figure de la première dans la sous région. La cimenterie turque Cimpor a atteint 800 000 tonnes de production annuelle, alors que la minoterie Cadys Grain 100 % camerounaise, importe déjà 78 000 tonnes ; la zone d’apposage du poisson. Ainsi entre autres grappes d’entreprises en cluster déjà en activité ou qui sont en pleine installation. Selon les gestionnaires du PAK, près de 550,3 milliards de FCFA sont déjà investis sur zone industrielle intégrés et les acteurs camerounais détiennent un peu plus 46% de cet investissement. Des mêmes sources, pour le seul 1er semestre de l’exercice 2025 en cours, 51 autorisations ont été attribuées pour installation des entreprises.
La contribution du PAK à l’économie locale et nationale.
Kribi est devenu le 2ème contributeur de l’Etat en matière de recettes douanières, avec les collectes de plus de 300 milliards F Cfa, pour ce qui concerne l’exercice dernier. Avant la construction du port, les recettes se situaient entre 800 millions et 1 milliard f cfa. Les recettes douanières du PAK ont quasiment explosé.
Quant à la contribution à l’économie locale, le décret de 2020 qui réorganise le fonctionnement du Port Autonome de Kribi, lui a instruit entre autres missions ; la contribution au développement du territoire. Et d’ailleurs, selon la communication du PAK, Kribi n’a pas attendu ce décret pour contribuer au développement du territoire. Le PAK a engagé une politique qui englobe les 15 des 17 objectifs de Développement Durable des Nations Unies. Il a développé le PASEK (le Programme d’Activité Socio Economique de Kribi) ; outil au travers duquel il agit, dans pratique dans tous domaines de la vie sociale (Santé : restructuration de certaines formations sanitaires, campagnes de santé… ; Education ; protection de l’environnement ; promotion des activités génératrices de revenus…). Les accords de partenariats sont d’ores et déjà signés d’une part entre le PAK et la ville de Kribi ; et d’autre part, entre le PAK et le Conseil Régional du Sud.
Pour ce qui concerne l’emploi, une grande partie des emplois du PAK est réservée aux ressortissants de ce territoire.
La gestion et le suivi du PAK
Aujourd’hui un hub portuaire, le Port Autonome de Kribi, certifié ISPS, déssert 5 grandes lignes. Il est doté des moyens de sécurité de pointe. La gestion et le suivi en bonne partie digitalisés, de toutes les dispositifs portuaires sont assurés par les camerounais, autant que le personnel technique des services aux navires est composé de camerounais dont le moyen d’âge, dit on est de 29 ans. La nationalisation du personnel est une politique à laquelle la Direction Générale du PAK y tient comme la prunelle de ses yeux.
Les défis du PAK
Ils sont d’abord énergétiques. L’énergie dont dispose le PAK est insuffisante par rapport à la demande. « Nous sommes en train de développer un projet qui consiste à la construction d’une ligne de 225 Kva qui partira de Polongoué jusqu’à Mboro. Elle permettra à terme de générer entre 100 et 120 MW. Ce qui doit être une aubaine pour les industries qui sont en train de s’installer progressivement sur la zone industrielle » ; indique Patrice Dubois Lumu de la communication du PAK. « Concernant la question de l’eau potable, il a été déjà résolue. Le projet a déjà été restitué depuis plusieurs mois ». Ajoute t – il.
Le gros défi reste la route. Ce sont des questions qui sont au dessus du pouvoir de décision du PAK. « Le DG continue de mener ses actions de plaidoyer en direction des autorités décisionnelles afin que ce problème soit résolu. Mais, la bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que le projet de réfection de la nationale N°7, va démarrer dans les prochains mois. Il sera question de refaire toute la nationale N°7. C’est dire que la route entre Edéa et Kribi va être redimensionnée et une fois livrée, elle ressemblera à aucune autre Nationale au Cameroun. Elle prendra les proportions d’une auto route. Y relatif, la Cameroun a déjà obtenu un financement de la BAD. La chose qui est faite aujourd’hui, c’est la sélection des prestataires. Ces travaux sont divisés en 2 lots. La 2ème tranche consistera à construire une vois 2×2, ce sera pour relier la Guinée Equatoriale. Elle permettra au PAK d’augmenter sa zone d’influence ». Nous rassure Patrice Dubois Lumu. La réalisation de ces projets routiers se veut urgente,notamment celui d’Edea – Kribi, qui pour le moment est un véritable chemin de croix.
© Alexis Yangoua
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