Un communiqué en date du 16 Octobre 2025 et signé de Mamadou Yakouba, le Président National par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), convoque une Convention Extraordinaire Elective, qui se tiendra le 29 Novembre 2025, au siège national du parti à Yaoundé.
Deux points seront à l’ordre du jour de cette importante rencontre :
L’élection des responsables nationaux désignés par voie électorale et l’amendement de certaines dispositions des statuts et du règlement intérieur du parti.
Le contexte de la convocation de cette CCE est connu. Elle fait suite à une décision du Conseil National, qui avait autorisé la démission de Maurice Kamto de son poste de Président National, afin qu’il puisse trouver un parti politique devant porter sa candidature pour l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025.
Le choix du MANIDEM ne sera pas admis par le Conseil Constitutionnel, d’où le rejet de sa candidature pour « pluralité d’investiture ». Une décision d’Elecam, puis du Conseil Constitutionnel qui avait été désapprouvée par la classe politique d’oppositions et la Société Civile. Le 6 Septembre 2025, Maurice Kamto va officialiser sa démission du MANIDEM. Pendant cette période, la vacance est assurée par Mamadou Yakouba Mota, le 1er Vice président du parti.
Que passera- t- il le 29 Novembre 2025 ?
Ce serait prétentieux pour nous d’annoncer ce qui s’y passera, n’étant pas membre du directoire, encore moins militant de cette formation politique. Nous nous limiterons aux projections . La convocation de cette CEE, conformément à l’article 68 du règlement intérieur du MRC, est déjà la preuve que le MRC a compris qu’il faut sortir du juridisme, toute fois légitime, mais quelque fois excessif; pour le jeu politique. Le juridisme est un terreau dont le ministre Atanga Nji et ses camarades du régime se sont toujours servis pour entraver le déploiement de ce parti politique. L’article 68 présente des delais sur lesquels les membres devraient y veiller.
L’issue du point 1 du menu de cette CEE sera très attendue. Maurice Kamto sera admis au MRC, et pourra reprendre son poste de Président National, comme l’a souvent annoncé le PN par intérim, dit – il à la demande des militants. L’article 7 des statuts en vigueur le lui permet. Il pourra alors achever son 2ème et dernier mandat, selon l’article 28 des statuts. La 2ème articulation porte sur l’amendement des statuts et du règlement intérieur. Elle n’interviendra qu’après l’élection (scrutin de liste) des responsables nationaux. Il est donc clair que même si l’article 28 desdits statuts est modifié pour sauter ou redéplacer le verrou, son application ne devrait pas être rétroactive. Cette disposition avait été modifiée en 2018, avec précision y relative, faite à l’article 48 des statuts du parti.
La rampe de lancement pour 2026
Après cette Convention Extraordinaire Elective, le MRC se mettra certainement en ordre de bataille pour les élections législatives et municipales de 2026, dont un petit aperçu a été dessiné par cette présidentielle. Beaucoup de ses militants ont officieusement accompagné le candidat Issa Tchiroma, dans sa campagne électorale et surtout, dans la surveillance des bureaux de vote. Il leur restera d’appliquer les leçons et techniques apprises pour engranger les mairies et sièges de députés. Ce n’est pas un secret que le MRC détient au moins 50% des suffrages du candidat du FSNC, dans certaines localités. Les réalités de l’élection présidentielle n’étant pas celles des élections locales, on peut tout de même entrevoir une bonne percée du MRC en 2026.
Et pour y parvenir, il faut se concentrer sur l’essentiel, éviter le juridisme contre productif et s’assurer de la qualité des personnes que le parti alignera dans ses listes de candidatures.
© Alexis Yangoua.

