La journée est celle de la commémoration de la reconnaissance des droits de la femme, et elle est bien plus qu’une simple célébration : c’est un moment de réflexion sur les avancées, les défis et les perspectives pour l’épanouissement des femmes dans le monde en général et au Cameroun, en particulier.
Au fil des décennies, les mentalités ont assez évolué, ouvrant la voie dans certains pays à une plus grande reconnaissance des droits des femmes dans les sphères professionnelle, sociale et culturelle toutefois notre pays est un peu à la traine compte du nombre peu important des femmes dans des sphères de décisions.
Au cours de cette 40ème édition de la JIF dont le thème est : « pour toutes les femmes et filles : droits, égalité et autonomisation ».
Que ce thème évoque au mieux l’égalité des droits mais également l’autonomisation qui est un moyen nécessaire au développement.
Que la femme entreprenante est un vecteur de développement et comme Félix lope de Vega l’affirmait << mettre un frein à la femme, c’est mettre une limite à la mer>>
Que si l’on observe une progression tatillonne sur le plan professionnel
Autrefois cantonnée à des rôles secondaires, la femme camerounaise se démarque de plus en plus dans divers secteurs d’activité. Qu’il s’agisse d’entrepreneuriat, de politique, de sciences ou de technologies, elle brise progressivement le plafond de verre et démontre sa capacité à occuper des postes de leadership.
Toutefois, les inégalités salariales et l’accès limité à certains domaines restent des défis à surmonter.
Une reconnaissance sociale en pleine transformation, l’émancipation des femmes se traduit par un accès accru à l’éducation et à l’autonomisation économique. Les initiatives visant à promouvoir l’instruction des filles portent leurs fruits, bien que des barrières culturelles persistent encore, notamment en milieu rural.
La femme camerounaise n’est plus seulement perçue comme une épouse et une mère, mais aussi comme un pilier du développement socio-économique.
Un impact culturel en mutation.
La culture, longtemps vecteur de traditions parfois contraignantes, s’adapte progressivement aux exigences de la prise en compte du genre .De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les pratiques discriminatoires et valoriser le rôle central des femmes dans la transmission des savoirs et l’évolution des sociétés. Les arts, la musique et la littérature camerounaise s’imprègnent de cette dynamique en mettant en avant des figures féminines inspirantes.
Un engagement collectif pour un avenir plus inclusif est nécessaire. Si des progrès indéniables ont été réalisés, le chemin vers une égalité est encore long. L’engagement des politiques, autorités, des entreprises et des citoyens est essentiel pour garantir un environnement où les femmes camerounaises pourront pleinement exprimer leur potentiel, sans contrainte, ni discrimination.
En cette Journée Internationale de la Femme, célébrons l’implication de la femme dans la lutte acharnée de ces droits, mais rappelons-nous aussi que chaque pas vers l’égalité est une victoire pour toute la société.
Seule la prise de conscience et la forte mobilisation des femmes au sujet de leurs problèmes pourront les sortir des difficultés dans lesquelles notre société les plonge de plus en plus. Et ce n est qu’en s’impliquant et s’engageant fermement comme actrice politique majeure dans la sphère politique que la transformation de notre société sera effective et comme l’affirmait jacques de Bourbon << la femme n’est pas le cinquième élément mais le premier, parce qu’elle est complice de l’absolu>>.
La transformation véritable n’est possible qu’à travers des changements et seules les inscriptions massives sur des listes électorales, le courage de porter des candidatures féminines au sein des institutions pourra faire de la femme celle qui gouverne et non comme le disait Delphine de Girardin « la femme règne et ne gouverne pas ».
Il est temps de gouverner mais au préalable la femme doit être audacieuse et battre en brèche le fameux pourcentage dans lequel on veut la réduire.
La détermination des femmes est nécessaire, car personne ne changera leur condition à leur place.
Si le discours incarne l’homme, les actes incarnent la femme et Ces actions devront faire d’elles des parlementaires et présidentes de la chambre haute et basse du parlement, ainsi que de l’exécutif de nombreuses collectivités territoriales décentralisées et pourquoi pas la magistrature suprême comme en Tanzanie , l’ile Maurice et le Libéria en son temps.
Oui ces pays africains ont transcendé des clivages de genre et ont fait confiance aux femmes à l’instar de Samia Suluhu Hassan de la tanzanie et Ellen Johnson Sirlef comme la première africaine à accéder à la magistrature suprême et le Libéria s’est illustrée par cette grande leçon démocratique.
Sur ce bonne fête de prise de conscience et de travail acharné pour les revendications idoines et nécessaires pour la transformation effective de notre société en pleine mutation.
Bonne célébration à toutes
Bon combat Chères sœurs !
Maître Djomgang Adeline Lord
Avocate au barreau du Cameroun
Femme politique

