Incidents de Douala : le mutisme de l’APC et du MRC inquiète.

Paris aura été un meeting meublé de discours incisifs, ponctué de quelques ratés langagiers. Douala suivra avec une journée tendue et une bonne présence des militants et sympathisants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun à l’esplanade de son siège régional pour le littoral. Ici, le message du leader à ses camarades est plutôt posé, apaisé, voire  mesuré. Maurice Kamto, le Président National du MRC  le leur  aurait  transmis à partir de  sa résidence à Bonapriso. Il n’a pas pu faire le déplacement du siège du parti au lieu dit Grand Moulin, où ses partisans l’attendaient.

Le connaissant téméraire, pourquoi ne s’y est il pas rendu ? Certainement pour des raisons de sécurité. Il y était placé en résidence surveillée par les autorités locales, entend-on. Il n’y pouvait donc  rien.  S’il avait essayé autrement, on l’aurait accusé d’avoir forcé la ceinture sécuritaire  pour aller assouvir « son désir » de voir tomber 50 têtes de camerounais.

« Il est rentré à Yaoundé sous escorte policière… » ; Renseignent les influenceurs proches du parti. Mais, Christian Massoma, le patron de la fédération régionale du MRC pour le littoral,  fera une sortie quelques heures après pour une déclaration contraire. Effectivement, les images de son arrivée triomphale à la capitale politique sont virales. Là-bas aussi, le discours a été assoupli et  même ses pourfendeurs d’en face lui en ont su gré. Par contre, ne sont  pas visibles, les images de son encerclement à Douala, par les forces de sécurité. La question taraude les esprits ; ce d’autant que nous sommes à l’ère du numérique, avec des téléphones portables qui ramassent tout, jusque dans les  milieux les plus secrets. Dans les années  1990, ces outils étaient rares ou n’existaient presque pas, et les hommes en tenue  étaient plus que violents. Mais, les citoyens  parvenaient à capter  au moins une image de la scène, qu’ils mettront  par la suite à la disposition  du public. Soit !

À Paris, le Président National du MRC et candidat de l’APC à la prochaine élection présidentielle, avait à faire à un public  majoritairement activiste, par ailleurs  grand contributeur aux activités du MRC.  Maurice Kamto lui  avait servi le message qu’il aimerait entendre. Un discours qui transpirait l’inspiration de Jean Michel Nitcheu et Albert Dzongang, c’était bien leur style.

Eu égard à ces  quelques observations qui,  ne sont en rien un désir de laisser planer un quelconque doute sur  l’engagement du MRC et de son leader, on peut tout de même questionner quelques vides qui transparaissent du  film des événements politiques orchestrés dans le cadre, de ce retour au bercail du président national du MRC.  Certaines séquences ne se sont – elles  pas passées  derrière les rideaux ? Et même si c’était  le cas, on comprendrait que Maurice Kamto a commencé à percevoir le réalisme politique qui quelques fois, impose le silence et l’écoute des lobbies. Des lobbies endogènes ou exogènes du système. La variation brusque de ses déclarions et la douceur de ces dernières, ne peuvent pas trouver leur justification seulement  dans la prise de conscience, la sagesse et une  pondération subitement retrouvées.

Quelles influences ont dû tempérer les ardeurs  du leader du MRC, une fois au pays ? Où est passé Jean Michel Nitcheu du FCC et coordonateur de l’APC ; lui dont la promptitude à pondre des communiqués dénonciateurs, aussi bien sur sa page facebook, nous est familière ? Que dire du MRC dont le Président National vient d’être « séquestré et éconduit » chez lui à Yaoundé. La situation de Douala a  t elle asséché les  plumes  du  Secrétaire Général du parti et de son secrétaire national à la communication ?  Pourquoi le MRC tarde t – il à commettre un communiqué ou organiser une conférence de presse pour situer le public sur ce qui s’est exactement passé dans la capitale économique du pays ? Presque 4 jours après, on attend…

©  Alexis Yangoua

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