Quelques voix pour le moment isolées, appellent au boycott des élections municipales et législatives prévues en 2026. Les raisons déversées dans l’opinion sont entre autres l’élection présidentielle de 2025 non soldée, la non libéralisation des prisonniers politiques de la crise post électorale et surtout, le code électoral vicié, toujours en vigueur.
Que devons – nous faire ?
Surtout ne pas croire que les griefs et jérémiades des réseaux sociaux, la victimisation et les énervements sans actions concrètes, suffisent pour faire fléchir un régime qui n’a pour le peuple non collaborateur que du mépris. L’armée, la police, les magistrats et les autorités administratives lui servent de bouclier et de soupape. Ainsi, le peuple dit du changement doit exploiter l’infime voie d’expression que lui propose la constitution. Bien sûr, elle aussi est taillée sur mesure. Soit!
Il s’agit des élections locales ; notamment les municipales et les législatives. Les tenants du boycott ont raison sur les faits cités. Mais, lorsque la bataille de la rue n’a pas produit les résultats escomptés, il faut y adjoindre celle qui est possible de l’intérieur des institutions. Boycotter ces élections, c’est exprimer sa lâcheté au travers des pleures et des gémissements. A la lumière de son ouvrage poétique, « la mort du Loup », Alfred de Vigny nous déconseille vivement cette posture.
Y participer pour exister
De par la loi, cette réalité s’impose aux partis politiques. Le MRC était inopérationnel au cours de la période électorale 2025, du fait de son boycott de février 2020. Alors que Dénis Emilien Atangana, Président National du Front des Démocrates Camerounais (FDC), a tonné et gueulé fort, par ce que son parti dispose d’élus de 2020. Dans notre contexte où les cotisations des membres sont dérisoires du fait, des mentalités et de la pauvreté généralisée , un parti politique sans élus, va progressivement entrer dans un état végétatif, par ce que privé de cadres dynamiques et de moyens financiers de survie.
On peut compter sur la diaspora, comme c’est le cas du MRC certes. Mais, ce soutien ne tiendra que le temps de son espoir de voir Biya partir du pouvoir. Cette diaspora est composée pour la plupart d’activistes qui on le sait, ne sont pas résilients dans les combats politiques. Ils n’appartiennent à aucun leader ou parti politique, même s’ils se disent militants. Avec leurs moyens financiers, ils voguent selon l’homme ou la femme qui dans un temps donné, se montre à même de porter leurs aspirations.
Pourquoi les élus peuvent être une solution aux griefs des boycotteurs ?
L’honorable Jean Michel Nitcheu n’a jamais été incarcéré, en dépit de ses déclarations plus virulentes que les peccadilles, qui ont valu 7 années de condamnation à certains citoyens. C’est un crève – cœur pour Paul Atanga Nji de n’avoir jamais pu obtenir Nitcheu dans sa mixture moulinée. Pour l’avoir, il faut lever son immunité parlementaire et ça ne se passe pas avec un coup de fil passé à un sous préfet, un préfet, un gouverneur ou même à un Colégion.
Les élus, notamment parlementaires sont un outil majeur dans les combats intra institutionnels. L’écharpe tricolore pour le cas Cameroun, est à la fois un bouclier et une bouée de sauvetage, aussi bien pour l’élu que pour son parti politique. L’élu est un plénipotentiaire dont la voix peut être écoutée par les dirigeants du régime et peut faire bouger les partenaires du pays. Il peut ainsi prolonger dans les institutions, une bataille perdue dans la rue. Les revendications des élus de l’opposition et même du RDPC ( l’Honorable Martin Oyono), d’hier et aujourd’hui, sont gravées dans les annales. Elles auront le moment de leur utilité quand poindra le temps de l’inutilité du régime.
C’est aussi en cela que les élections législatives et municipales sont importantes. Aux retardataires, allez vous inscrire sur les listes électorales.
© Alexis Yangoua

