Education / Ouest : le Délégué Régional du MINESEC publie la liste de 637 déserteurs. Le SECA salue l’acte, mais trouve cet effectif très insuffisant.

En vue certainement de clarifier l’opinion sur un sujet qui fait polémique à l’Ouest, suite à la récente indignation du Gouverneur ; le 19 Décembre 2025, Omer Destin Kuimi Tatchou, le Délégué Régional des Enseignements Secondaires pour l’Ouest a publié une liste de 637 enseignants absents à leurs postes de travail. Il s’agit d’un récapitulatif de 2023 – 2025. Une lecture diagonale de ce communiqué, fait constater que beaucoup sont des abandons constatés en 2025. Déjà, le gouverneur Awa Fonka Augustine faisait remarquer que 286 avaient déserté, courant 1er semestre 2025.

Bien que très apprécié par ceux des citoyens épris de bonne gouvernance dans le secteur de l’éducation, l’acte administratif du Délégué Régional des Enseignements Secondaires pour l’Ouest, n’est pas passé sans essuyer  des remarques de certains acteurs syndicaux.

Le Syndicat des Enseignants du Cameroun pour l’Afrique(SECA), trouve cette liste régionale pas très « raisonnable ».

« La liste des enseignants du secondaire supposés avoir abandonné leur poste de travail, dressée le 19 décembre 2025, est loin de refléter la réalité. En partant sur la base de la plus ancienne date d’abandon qui est  2013, on peut supposer que le récapitulatif porte sur 12 ans. Dans ce cas, dire qu’il n’y a que 637 enseignants qui manquent à l’appel, c’est pas raisonnable. Dans mon propre établissement, un enseignant qui est au Canada depuis 2022 n’a pas son nom sur cette liste.  La réalité est toute autre, plus sombre et inquiétante même. Des enseignants qui n’avaient jamais rêvé partir sont en train de l’envisager très sérieusement. C’est dire qu’il y a très peu d’enseignants qui comme moi croient fermement à la terre de nos ancêtres.

En jetant un coup d’œil du côté de l’éducation de base, les chiffres d’abandon font froid au dos. Même le Tchad tout près de nous accueillent des centaines voire plus d’enseignants titulaires du CAPIEM.

Inutile de rappeler que les départs à la retraite font également rage dans cette désertification du paysage éducatif. Rien qu’au secondaire en 2025, près de 1880 enseignants ont repassé leur blouse blanche pour la dernière fois ».

Pour conclure, le mauvais traitement de l’enseignant au Kamerun est la première cause des abandons de poste, auquel il faut ajouter le comportement des chefs d’établissement qui agissent comme si les établissements  publics à eux confiés sont des patrimoines familiaux ». Tenkeng Samory Touré, porte parole de SECA et du Collectif des Organisations des Enseignants du Cameroun (COREC).

© Alexis Yangoua

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