Les établissements scolaires publics camerounais traversent des moments difficiles, sur le plan financier.
Bientôt quatre (4) mois, que l’Enseignement Secondaire est sevré des frais exigibles. Effet, depuis quelques années, les parents payent ces frais dans les caisses de l’État, qui à son tour, les reverse aux lycées et collèges, pour leur fonctionnement et entretien. On peut dont imaginer les difficultés qu’éprouvent les proviseurs et directeurs.
Les conséquences de l’unicité des caisses
Dans un Cameroun dont la trésorière varie entre l’orange et le rouge, certains secteurs sont contraints à la disette, au profit de ceux dits souverains ou prioritaires dans les charges de l’État. L’éducation fait partie de ces pans qui peuvent attendre, par ce que leurs enveloppes ont été virées pour la résolution des situations dites urgentes. Au Cameroun, on peut sans état d’âme, financer les Lions Indomptables de football avec l’argent destiné à l’éducation, le temps de renflouer les caisses de l’Etat.
Pression sur les APEE
Entre temps, les chefs d’établissements doivent faire fonctionner et entretenir leurs institutions. C’est ainsi que la caisse de l’Association des Parents d’Elèves et Enseignants, devient le rempart. On y puise jusqu’au dernier franc, pour des tâches non contenues dans son cahier de charge. À ces arriérés de l’exercice en cours, s’ajoute un reliquat substantiel de l’année scolaire 2024/2025.
Les arriérés de l’OBC
Voici une autre dette qui fâche. Les chefs de Centre et de Sous-Centre d’examens cumulent les impayés. L’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) leur doit trois (3) années consécutives d’arriéré. « Pendant que certains cadres de l’Office perçoivent des traitements confortables, allant jusqu’à un million de francs CFA par mois, pour chaque chef d’antenne régionale OBC, sans compter les autres avantages substantiels. Cette contradiction est moralement inacceptable et institutionnellement préoccupante. L’École Publique ne peut pas être sacrifiée pendant que son administration d’appui prospère… », indique Paul Blaise, un acteur du suivi de la politique publique en matière de l’éducation.
L’Éducation de Base
A l’Education de base, on broie aussi du noir. Depuis la rentrée scolaire, les ordonnateurs secondaires que sont respectivement les délégués départementaux et inspecteurs d’arrondissement, sont à sec. Ils n’ont pas perçu les subventions de l’Etat, pour faire fonctionner les écoles primaires ; selon la circulaire ministérielle du 27 Janvier 2025, fixant les modalités d’allocation et exécution du budget de fonctionnement écoles…Là aussi, on est contraint de se rabattre sur les frais de l’APEE ; sans garantie que ces « prêts » seront remboursés lorsque les subventions seront effectives.
Quant aux écoles maternelles, leur fonctionnement est alimenté par les contributions exigibles des parents d’élèves (7500f), assurées par leurs directeurs.
© Alexis Yangoua

