Les départements du Noun et du Haut Nkam restent la vitrine régionale de la démocratie. L’achat de consciences et la servilité justifiée ou pas, qui ont fait leur lit dans les autres circonscriptions électorales de la région de l’Ouest, n’y ont plus droit de cité.
L’élection des conseillers régionaux
Les résultats de l’élection des conseillers régionaux du 30 Novembre 2025, l’attestent avec force. Déjà au cours de la mandature finissante, l’Union Démocratique du Cameroun(UDC), y était avec ses 17 conseillers régionaux délégués du Noun. Une minorité qui s’est affirmée et a d’ailleurs quelque fois réussi à déstabiliser la majorité RDPC.
A l’issue des élections législatives et municipales du 9 février 2020, L’Union des Mouvements Socialistes (UMS) de Pierre Kwemo avait remporté les mairies de Bafang et de Banwa ; alors que la liste du Mouvement Citoyen National Camerounais (MCNC) de Jean Monthe s’imposait avec une marge relative sur le RDPC et l’UMS à la commune de Banka. Joseph Clovis Nguessieuk, un transfuge du RDPC, est élu maire. Mais, les 2 partis d’opposition ne trouveront pas la nécessité de candidater à la première élection régionale, laissant ainsi champ libre au parti au pouvoir.
Seulement, moins de deux ans d’exercice, la brouille entre le maire de Banka et le Président National Jean Monthe, née de la session de plein de droit, s’est conclue par l’exclusion de Joseph Clovis Nguessieuk du MCNC. Au lieu d’aller au RDPC ( cas de Bafoussam 1er) dont les offres étaient pourtant très alléchantes dit – on, l’exclu va dépoussiérer le Congrès Républicain(CR), un parti politique créé en 1992. A l’issue de son congrès extraordinaire tenu à Bafoussam, le CR devient le Mouvement Populaire pour le Changement (MPC) et Joseph Clovis Nguessieuk en devient le Président National.
Motivés par la découverte de la proportionnelle.
Le Conseil Régional était nouveau et beaucoup n’étaient pas au fait de la proportionnelle qui pourtant, s’applique aux élections législatives et municipales.
En 2025 dans le Haut Nkam, conscients désormais de cela et de l’environnement politique dans ce département, le MPC et l’UMS décident de se lancer dans la conquête des sièges au conseil régional. C’est le baptême du feu pour le parti de Joseph Clovis Nguessieuk. Les résultats sont plutôt merveilleux.
Sur 148 votants, le RDPC obtient 64 voix, très insuffisantes pour une majorité absolue. Le MPC qui réglementairement n’a pas de conseillers municipaux, arrive en second avec 45 voix et l’UMS qui contrôle 2 communes : 39 voix.
Au bout des calculs suivant la proportionnelle, en tenant compte non seulement des voix, mais également de la composition sociologique et la répartition territoriale, le RDPC obtient 7 sièges, le MPC 2 sièges et l’UMS 1 siège.
Leçons
Avec cette performance, le MPC devient la révélation politique de l’année, la 3ème force politique au Conseil Régional de l’Ouest et affiche clairement ses intentions pour 2026.
Partir de zéro conseiller municipal pour un suffrage de 45 à l’élection régional, le parti de Joseph Clovis Nguessieuk a suffisamment pioché dans l’UMS et surtout dans le RDPC. Le RDPC Haut Nkam et l’Ouest en général perd ainsi 3 sièges au conseil régional de l’Ouest. De 17 conseillers régionaux délégués issus de l’opposition (UDC) au cours de la mandature (2020 – 2025), le nombre est passé à 20.
© Alexis Yangoua

