Le 1er Septembre 2025, par décret, le Président de la République a convoqué les collèges électoraux pour l’élection des conseillers régionaux. La circonscription de ce scrutin est départementale et deux collèges sont concernés. Selon l’article 243 du code électoral , les chefs traditionnels du 1er, 2ème et 3èmedisposant des actes d’homologation, éliront 20 conseillers régionaux, représentant le commandement traditionnel et les conseillers municipaux en suffrage universel indirect, éliront 70 conseillers régionaux délégués. Cest le quota par région. Cette élection aura lieu le 30 Novembre 2025 dans les chefs lieux des 58 départements.les candidats, ont ainsi 15 jours pour déposer leurs dossiers de candidature dans les démembrements d’Elecam ; soit jusqu’au 16 septembre 2025.
Pour le cas de la région de l’Ouest, selon le décret du 02 septembre 2020, fixant le nombre de conseillers régionaux, les Bamboutos ont 12 CR, le Haut Nkam : 12 CR, les Hauts plateaux : 7 CR, le Koung Khi : 6 CR, la Menoua : 14 CR, la Mifi : 11 CR, le Ndé : 6 CR et le Noun : 20 CR, y compris les représentants des chefs traditionnels. Le Noun, la Mifi, le Haut Nkam et les Bamboutos ont droit à 3 membres chacun, pour le commandement traditionnel et 2 pour chacun des départements restants
À l’Ouest politique, hormis le département du Noun où l’UDC tient 6 communes sur 9 et devrait numériquement remporter et reconduire les 17 sièges en compétition, les 7 autres circonscriptions départementales sont tenues par le RDPC.
Notons que ce sera le 2ème Conseil régional depuis son institution par la Constitution révisée du 18 janvier 1996. Le premier ayant été mis sur pied en décembre 2020.
De l’inélégance politique
En convoquant l’élection des conseillers régionaux avant la municipale repoussée jusqu’au Mai 2026, Paul Biya n’a certes pas violé la constitution, mais a comme à ses habitudes, déployé sa ruse politique ; ce que d’aucuns qualifient de manque de fair play et d’éthique politique. On le voyait venir, bien longtemps avant la prorogation du mandat des conseillers municipaux et des députés ; sauf que beaucoup avaient pensé qu’avec les réalités que nous impose le contexte, l’homme pouvait faire le choix de l’apaisement et l’inclusion. Le Président de la République et Président National du RDPC a atteint il y a très longtemps, l’âge des sages. C’est-à-dire, doté de la capacité d’entendre les murmures et les interrogations du peuple. Malheureusement, il a opté pour la rentabilité et la rentabilisation de son parti politique.
Partis sur un mandat de 5 ans, avec pour l’une des missions, d’élire des conseillers régionaux de 2020, les conseillers municipaux élus en Février 2020 quitteront en 2026, ayant gardé leurs empreintes sur les conseillers régionaux dont le mandat va s’achever en 2030. La désuétude et l’illégitimité des électeurs entrainent inéluctablement celles des élus. C’est une véritable salissure sur la démocratie camerounaise. En même temps, cette convocation fait davantage peser le poids du boycott de 2020 sur ses initiateurs.
© Alexis Yangoua

