Démissionner du pouvoir lorsque ça va mal. Démissionner pour l’intérêt du groupe, n’est pas la chose la mieux partagée au Cameroun. Accepter de partir, revêt toujours un caractère de grandeur, de responsabilité et d’humidité. Pour le cas de Maurice Kamto et Mamadou Mota, respectivement Président National et Premier Vice Président National, intervenu le 8 Septembre 2026, d’aucuns pourraient y voir les pressions politico judiciaires menées par Okala Ebode, Mengue WIlly et autres anciens ou actuels cadres du parti. Soit !
Combien de leaders peuvent se le permettre ?
On peut spéculer en vrai et en faux sur les raisons de la démission de Maurice Kamto de son poste de Président National du MRC. Toujours est-il que cette volonté de céder le gouvernail à un ami politique, si cela se matérialise le 10 Octobre 2026, est un choix personnel, qui plus, arrive dans un contexte alimenté par quelques contestations, mais aussi de beaucoup de motions de soutien, émises par ses amis politiques, des sympathisants et certains citoyens.
Ces appels à tenir le cap auraient pu être un argument pour se maintenir à la tête du MRC , quitte à ce que le bateau chavire. Combien de partis politiques camerounais sont morts ou végètent du fait d’un leader contesté par la majorité des militants et sympathisants ? Il en existe encore sur la scène politique dont l’image ternie et délavée dans l’opinion, a pu décharner le parti ; lui laissant des fragments d’ossements, constitués de laudateurs dont le rendement se réduit aux ronronnements attaquatoires sur les réseaux sociaux.
Très souvent en réponse aux multiples demandes, voire exigences de leur démission afin de permettre au parti de se revigorer, ces leaders, tels des héritiers de Mobutu, vont se fabriquer des griots – miliciens et patrouilleurs cybernétiques, avec pour mission de faire croire que le parti existe, est implanté dans les 360 communes et conserve toutes capacités de gagner toutes les élections.
Et quand les réalités de terrain s’imposent à lui, il a vite fait de jouer le faux – fuyant et se muer en souffre – douleur d’un ou d’autres leaders de l’opposition, refusant d’examiner sa cour nauséabonde.
Nonobstant les moyens et les raisons que d’aucuns pourraient attribuer à leurs démissions, Maurice Kamto et Mamadou Mota l’ont fait. Maurice Kamto et Mamadou Mota l’ont fait.
Il se susurre qu’ils pourraient retrouver leurs postes au cours de la Convention Nationale Extraordinaire Elective du 10 Octobre 2026. Si ce retour est confirmé, l’opinion en prendra acte et saura l’apprécier.
© Alexis Yangoua

