C’est l’un des sujets qui reviennent lorsqu’on évoque le rappel à Dieu, de l’ancien maire de Bangangté et très récent encore, président du Sénat ; le tout premier de cette institution.Cette préoccupation des uns et des autres est fondée, au regard des batailles parfois rugueuses, qui se mènent en interne, dans sa circonscription politique.
Recomposition de la carte de la section RDPC Ndé Nord
A côté d’autres sections soeurs de l’Ouest et d’ailleurs, des grands camarades , des moyens et petits ; la section RDPC Ndé Nord, présidée par madame Célestine Ketcha Courtès était fortement présente et se serait activée pour un hommage mérité à l’un de ses bras forts. Le décès de Marcel Niat Njifenji imposera de nouveaux positionnements dans le département du Ndé, et particulièrement dans la section RDPC Ndé Nord. Le discours de Jean Nkuete et l’oraison funèbre du Président du Sénat, lue par Robert Nkili, l’un des vice présidents de l’institution, ont été plus que clairs sur le vide que le défunt laisse dans les rangs du RDPC Ouest, surtout pour la faction dont il était le chef.
Et si c’était Éric Niat, l’actuel maire de Bangangté ?
« Nous prenons devant vous, l’engagement de poursuivre ce qu’il a commencé… », a martelé Eric Niat, le maire de Bangangté, dans son discours d’hommage à son géniteur et édile de la même ville de 2002 – 2007. Un passage qui a sonné comme une offensive sur un front politique, qui ne s’annonce pas facile dans la circonscription politique du RDPC Ndé Nord. Ces deux dernières années, le maire de Bangangté a semblé prendre conscience des difficultés qui l’attendent si Papa venait à disparaître; le poids de son âge et sa santé peu rassurante présageant le pire. Comme un bébé qui décide de se sevrer du lait maternel pour s’affirmer, Eric Niat s’est montré davantage présent sur le terrain, mais moins visible dans les activités organisées par la présidente de sa section.
En boycottant la dernière opération de renouvellement des organes de base du parti, dans sa section, permettant à sa camarade Célestine Ketcha Courtès et ses Hommes de rafler toute la mise; Eric Niat avait semé lui – même les écueils sur son parcours politique. Ces élections s’étaient déroulées dans un climat très tendu, avec un amas d’urnes et autre matériel électoral cassés; aussi des cas d’hospitalisation. Des dégâts qui auraient été causés par des gros bras acquis à sa cause. Pourtant, certaines sources de l’époque, avaient relevé la disposition de sa concurrente à accepter une liste consensuelle. C’est la première erreur politique de Eric Niat, qui fraîchement élu maire suite au décès de Jonas Kouamouo, aurait dû aborder la politique de manière globale avec tact et diplomatie, ayant en face de lui, une bête politique.
Et si Paul Biya récompensait son défunt ami en nommant l’un de ses fils.
Pour le moment, Célestine Ketcha Courtès par ailleurs, Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, reste la patronne de la section RDPC Ndé Nord et selon les textes du parti, l’avis des présidents de section valent au moment de la constitution des listes pour la municipale. Certes le maire sortant ne pourrait pas être exclu de la liste, mais si la base de la section RDPC Ndé Nord décide d’avoir une femme comme tête de liste, l’équation sera plus complexe pour lui. Au moment du choix du maire, le Comité Central, se référera obligatoirement à sa décision de 2007, en cas de victoire du RDPC. Le dénouement du différend entre Célestine Ketcha Courtès, tête de liste et Marcel Niat Njifenji, le maire sortant en 2007, constituera alors un précédent jurisprudentiel. Et dans ce cas, la commune de Bangangté aura un maire femme. Pourrait ainsi s’incliner le nouveau chef de file du clan Niat. À Bangangté, il sera difficile d’imposer la progéniture de l’ami décédé comme ce fut le cas avec la fille de Fotso Victoire à la tête de la commune de Bandjoun. L’équation ne fut pas évidente pour Edouard Akame Mfoumou, chef de la délégation du Comité Central du RDPC; heureusement, les plis fermés régnaient encore. Notre regard sur le cas de Bangangté n’exclut pas le caractère dynamique du jeu politique.
Ainsi, pour sauver la faction politique dont son défunt ami Marcel Niat Njifenji fut l’autorité morale, Paul Biya pourrait nommer l’un de ses fils à la tête d’un secteur à même de lui conférer une influence. Et pour l’heure seul Eric Niat s’est montré disposé à porter le héritage politique du père. Puisqu’il a été toujours et reste très frondeur vis-à-vis de sa présidente de section et ancien maire, Célestine Ketcha Courtès (dans son discours d’hommage en qualité de maire, parlant des édiles de Bangangté après son père, il a cité un seul nom : lui même), même avec un décret présidentiel, il ne lui sera pas aisé de renverser le rapport de force en sa faveur. La récente célébration de son mariage en France, très loin de la commune dont il est maire, n’avait pas été bien appréhendée par une partie de la population de Bangangté.
© Alexis Yangoua











