Le 6 Novembre 2025, marquera le 43èmeanniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, soit 10 jours après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025, qui l’ont donné vainqueur.
Déjà presqu’une semaine, les manifestations de protestation et ses effets ont brisé le calme du Cameroun francophone( la partie anglophone étant dans le trouble depuis 2016) . Nous ne sommes pas loin de la psychose générale. Ces mouvements d’humeur étaient émaillées de casses, d’incendies des infrastructures et malheureusement, de décès des manifestants, fauchés par les balles des hommes en tenue, apprend on des sources crédibles. Le communiqué de l’Union Européenne n’en fait pas mystère.
Cet environnement tendu pourrait ne pas être apaisant d’ici le 6 Novembre. Ainsi, dans certaines localités du pays, arborer le tissu du RDPC pourrait être perçu par des manifestants ou mécontents, comme un acte de provocation de plus. Déjà, certains sièges du parti de Paul Biya ont été incendiés par des jeunes en furie. C’est un indicateur de la nature du regard que certains camerounais portent sur le RDPC. La prudence, la lassitude et la peur démobiliseront la troupe.
Pourquoi pas un 6 Novembre 2025 en noir?
Auront-ils une petite pensée pour ces jeunes camerounais tombés les 27 et 28 Novembre 2025 et dont quelques pourraient encore mourir avant le 6 Novembre 2025 ? L’option de la célébration de leurs mémoires, ne serait pas trop donné. Hormis des dérapages condamnables, ces jeunes ont versé leur sang au cours de la bataille pour une nation juste ; au même titre que Um et ses camarades. D’ailleurs, du fait des brebis galeuses de leurs rangs, n’étaient –ils pas taxés de terroristes et maquisards ? Mais pour que cela soit possible, les modérés du RDPC, qui sentiraient cette idée, devront s’armer d’arguments pour convaincre les caciques, qui n’accepteront de faire de ces « casseurs » des martyrs.
D’ici quelques jours, Jean Nkuete, le Secrétaire Général du Comité Central du RDPC produira le thème de cette célébration, suivi d’une lettre circulaire, dans laquelle, il demandera certainement à ses camarades de célébrer la victoire de leur champion de 93 ans, qui vient d’obtenir le permis de faire ½ siècle au pouvoir. La fin de ce 8ème mandat, coïncidera avec ses 100 ans de vie. Un chronos terrestre qu’on lui souhaite encore plus long. C’est une grâce divine malheureusement ternie par ses rapports avec le pouvoir. Quelle peine pour ces camerounais qui aspirent à un changement de régime et de gouvernance ! Naître, grandir, aller à l’école, travailler et prendre sa retraite sous un même regime, est annuyeux pour un citoyen d’une République.
Certaines structures du RDPC se lézardent
Ce 43ème anniversaire interviendra aussi en pleine préparation de l’investiture du l’ancien – nouveau Président de la République, qui est en même temps le président national du RDPC, le parti – Etat. La célébration du 6 Novembre 2025 s’annonce froide. C’est une évidence dans les structures de base où les camarades ont fait piètre figure le 12 Octobre 2025. Leurs cadres majeurs sont partagés entre le devoir de financer l’activité comme par le passé, et la peur des conséquences de leur échec cuisant, dont le corollaire immédiat pourrait être la perte de leurs fonctions et avantages. Déjà, dans les délégations régionales et départementales, les sections et sous sections RDPC dont les militants ont voté massivement pour Issa Tchiroma, le climat est délétère. Les soupçons et accusations se susurrent et les vieux démons ont commencé à sortir des terres. Au Prince en second et le machiniste de la « guillotine », chacune des factions aurait déjà transmis sa liste des grands camarades qui auraient financé la campagne de l’opposant Issa Tchiroma.
Pourtant, l’âge du président national quoi qu’on dise, les pressions internes et externes du RDPC, vont contraindre le parti est à sa profonde refondation. Une mue qui passera inéluctablement par le sacrifice de certains camarades.
© Alexis Yangoua

