RDPC : Jean Nkuete estime que le chef Bamendjou est son cadet dans la confrérie des chefs.

Le Secrétaire Général du Comité Central du RDPC est récemment arrivé à Mbouda, le cœur plein de revanche,  d’une envie effrénée de distiller les coups aux adversaires politiques. Le patron de l’administration du parti du pouvoir a saisi l’occasion de la réception de la maison du parti, rénovée et restaurée sous la houlette du ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, pour servir sa bile surchauffée aux supposés et  vrais adversaires de leur régime, principalement ceux originaires ou basés à l’Ouest.

L’opposition politique en avait pris pour son grade. Si l’évêque de Bafoussam, Monseigneur Paul Lontsié – Keuné, cette fois a échappé à la volée de bois vert de Jean Nkuete (l’a-t-il peut être programmé pour la période de grande écoute c’est-à-dire courant la campagne électorale, soit  a – t – il estimé qu’il serait contre productif d’attaquer ce prêtre très adulé sur son territoire d’origine ?), le Fo’o de Bamendjou SM Sokoudjou a été ravalé à la seconde ou troisième position, au classement des doyens des chefs de l’Ouest.

Dans son discours de circonstance, Jean Nkuete qui se sent chef traditionnel pour avoir été l’adjoint d’un défunt  chef  Balessing dans le département de la Menoua, dit avoir été intronisé en 1951, alors que le chef Sokoudjou est arrivé deux ans après lui, soit en 1953 ; et donc, ne saurait se prendre pour un érudit. C’est donc lui l’aîné dans la confrérie des monarques du Binam, avait t – il implicitement déclaré, sous les youyous de ses partisans. Sauf qu’il n’avait  pas dit à l’auditoire en quelle année il a affronté l’armée coloniale et si la chefferie Balessing dont il était adjoint, avait été incendiée  pour  rébellion contre l’autorité coloniale.

Pourquoi cette ire contre le chef Bamendjou?

Récemment, le Fo’o Sokoudjou a reçu quelques leaders politiques et candidats dits du Groupe de Foumban. Au cours de leurs échanges, il leur avait demandé de dominer leurs égos pour avoir un candidat consensuel, afin de lui « ramener la panthère vivante ». Jean Nkuete a certainement eu des tournis d’entendre un chef traditionnel, dire qu’il souhaiterait voir son champion rentrer au village au soir du 12 Octobre 2025. L’effet immédiat de l’échec du candidat Biya, serait le renvoi du tout puissant SG du Comité Central du RDPC, à Balessing pour s’occuper de sa notabilité ; quand Paul Biya, empruntera la voie du Sud, pour son Mvomeka natal. Le patron « honorifique » de l’administration du parti au pouvoir, n’apprécie pas aussi la position du Fo’o de Bamendjou par rapport aux batailles successorales qui rongent  certaines chefferies de l’Ouest. SM Sokoudjou estime et quelque fois à raison, que le choix des héritiers   est torpillé par les autorités et l’élite bourgeoise  du régime, dont Jean Nkuete est l’un des piliers politiques.

En réalité, un adjoint ou « Kuipou » du chef est un notable adopté qui n’a aucun pouvoir réel ni sur la population, encore moins sur les classes de 7 ou de 9.  D’ailleurs, il perd tous ses petits pouvoirs avec le  rappel à Dieu de son chef; puis que le nouveau est initié avec son « Kuipou », qui une fois installé, reçoit la totalité des avantages de son prédécesseur. Ce dernier est reversé dans la classe des princes – notables sans porte feuille.

A Balessing, Jean Kuete n’est pas chef. Il tient sa force de son pouvoir politique et évidemment de son âge, par ce que chez les bantous, un vieillard est l’ami et conseiller du chef.

© Alexis Yangoua

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