Mercato : le MRC accueillera « ses élus ».

« Nous avons des élus », message mis en exergue sur l’affiche qui annonce le recrutement de Me Lavoisier Tsapy et quelques  autres de ses camarades conseillers municipaux de la commune de Bafoussam 1er.  Ce communiqué qui serait du régional du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pour l’Ouest, est rendu viral par les militants et sympathisants du parti politique de Maurice kamto et repris quelque fois ironiquement  par les pourfendeurs de cette formation politique.

« Nous avons des élus ». Cela suppose que l’ancien conseiller juridique du SDF et ses  camarades sont enfin ces élus dont le MRC a  besoin pour présenter un candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025, comme l’exige l’article 121 alinéa 1 du code électoral. Cet argumentaire relève  de l’animation politique pour le maintien de la flamme militante et sympathisante. C’est une stratégie politique à la Trump pour maintenir constant l’élan vers les élections législatives et municipales de 2026 ; un autre enjeu majeur de ce cycle électoral. Quelle que soit la gymnastique intellectuelle et juridique que l’on peut employer, il n’est pas possible d’avoir des élus, alors qu’on n’a pas pris part à l’élection qui les a produits. C’est aussi une question de bon sens. Le Conseil Constitutionnel n’accédera pas à cette interprétation de « tout mandat impératif est nul », à moins que ces membres aient décidé de faire du parlement, des conseils municipaux et régionaux des rues de la joie où, les partis politiques y disposant des élus, obtenus à l’issue d’une élection, peuvent disparaître de l’institution, au profit des formations politiques bourgeoises ou rusées. Et même,  les partis politiques  n’ayant pas  existé au moment  ladite élection, peuvent naitre et entrer dans le fichier des institutions;  si possible avoir un groupe parlementaire, si c’est le cas de l’Assemblée Nationle ou du sénat, par ce qu’ils auront arraché les élus aux autres.

Me Tsapy et ses camarades ont échappé à la nasse du poissonnier de la Mifi. Mais, ils restent élus du SDF jusqu’en 2026.

Ngnang Cyrille et son Conseil municipal avaient été élus par le peuple du changement. Le SDF était ainsi la flagelle dont il s’était servi pour faire partir le RDPC de Jules Hilaire Focka Focka. Le maire actuel de la commune de Bafoussam 1er et certains de ses camarades conseillers municipaux ont intégré le parti au pouvoir avant la fin du mandat qui leur a été confié par ce peuple. Dans un autre monde, on parlerait de haute trahison avec ce qu’elle implique comme sanction. « Ils ont marchandé nos voix, nos forces et notre engagement…», fulmine un électeur de la circonscription de Bafoussam 1er , qui certainement s’est déjà armé pour la cause.

Ces nouvelles recrues du MRC dont l’adhésion officielle va se matérialiser  le 11 Mai 2025, sont de ceux qui avaient repoussé les avantages juteux, mais mirifiques, des caciques bourgeois du RDPC de la Mifi. Lavoisier Tsapy et ses amis  avaient opté pour le pain obtenu après un travail ardu. Ils quittent la social – démocratie pour un parti politique libéral, pas très loin du bout de la droite ; mais qui malgré ses ambivalences quelque fois gênantes, reste une opposition au régime. Bien que suivant un vent théoriquement favorable, ces anciens militants du SDF auto exclus et démissionnaires, ont fait preuve d’honneur, en ne se laissant pas prendre dans la nasse de Congelcam ; comme leurs camarades qui, le 6 Novembre 2024, ont été présentés au public dans des accoutrements taillés pour certains, dans le modèle  qu’arborent  les prisonniers, sous d’autres cieux.

Tout compte fait, le MRC profite des erreurs stratégiques du G27, mais aussi et surtout  de l’inhabilité des nouveaux dirigeants du SDF, réfractaire   à l’idée de la réconciliation.

© Alexis Yangoua

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