A quelques semaines ou mois des élections municipales et législatives, les intentions sont exprimées à travers les réseaux sociaux. Les potentiels candidats aussi bien du RDPC et que des oppositions, dévoilent leurs ambitions avant même que le corps électoral ne soit convoqué. Une chose est certaine, scrutins auront lieu en 2026.
Ces positionnements précoces et légitimes, non seulement chauffent à blanc l’enthousiasme des camarades fidèles, mais également, alertent les partis politiques, desquels, les candidats doivent obtenir l’investiture.
Cas de la ville de Bafoussam
C’est la « super mairie » de l’Ouest, avec un compte administratif qui peut frôler 4 milliards F Cfa en ce 2026. C’est le cœur battant de la région dont la gestion, surtout réussie, peut conférer un prestige. En cela, elle attise les convoitises des politiciens de tous bords.
« J’ai une grande vision pour la ville de Bafoussam. J’ai fait un grand rêve. Ensemble, tous ensemble, tout est possible. Il nous faut de l’audace » ; pouvons-nous lire sur la page facebook de Talla Tamto Amadou, militant du RDPC de la section Mifi Centre.
Loin de nous, l’idée de lui prêter des intentions. Nos observations sont mises dans un contexte préélectoral et en tant qu’acteur politique, il a le droit et les possibilités de « rêver » et de se voir où il aspire.
« La ville de Bafoussam regorge des talents dans tous les domaines et dans toutes les tribus. Leur mise en commun ferait de Bafoussam la première ville d’Afrique » ; renchérit le conseiller régional délégué de la Mifi (Bafoussam 1er), dans un style qui s’apparente à une profession de foi.
« L’avenir de Bafoussam dépend de vous. C’est votre ville, C’est notre ville. Ensemble, tous ensemble, nous pouvons lui donner sa … » ; poursuit Amadou Talla Tamto. Cette déclaration sonne comme un slogan de campagne.
Subtilement, l’homme semble se positionner, en même temps qu’il injecte des éléments de langage dans l’opinion. Soit, il est dans un jeu de diversion au service d’un tiers.
Les préalables
Pour que Talla Tamto Amadou soit maire de la ville de Bafoussam, il doit figurer dans la liste des 61 candidats conseillers municipaux de la commune de Bafoussam 1er. Ensuite, être coopté parmi les 10 « grands » conseillers devant représenter cette commune au conseil de la ville, s’il n’est pas maire d’arrondissement de cette commune. Les maires d’arrondissement étant des membres droit, de l’organe délibérant du conseil de la ville.
Déjà, la liste du RDPC doit avoir gagné à une majorité absolue, soit occupé la première place dans une proportionnelle. Dans la seconde hypothèse, il faut espérer que les résultats des candidats du parti au pouvoir soit meilleurs à Bafoussam 2ème et 3ème.
« Focka Focka de Bafoussam 1er est président du Conseil Régional. Il n’est pas possible que son frère Talla Tamto, soit Maire de la Ville de Bafoussam. Qu’il reste à son poste de conseiller régional… », fulmine un militant RDPC de Bafoussam 3ème.
Aucune disposition de la loi, n’obstrue l’intention de Amadou Talla Tamto ; si c’en est une. Sauf la dictature des plis fermés, contre laquelle, on voit les poings se former au fur et à mesure que l’échéance point.
© Alexis Yangoua
Réaction de Michel Mombio, analyste politique
« La politique est une affaire de gens sérieux et surtout visionnaires. Or la tribu ne saurait être un horizon politique, car le corps électoral ne se limite pas à un village. Hélas certains interprètent mal la notion d’autochtonie et sombrent dans un tribalisme préjudiciable au RDPC. Chacun doit présenter sa vision et non son village. Notre parti devrait imposer les débats internes entre candidats afin qu’ils présentent leurs programmes et non leur village. Alors cet homme a-t-il une vision en dehors de ses intentions basées sur son origine ? Car l’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions ».
Propos recueillis par Alexis Yangoua


