Conseil Régional de l’Ouest : besoin d’une mandature calme et sereine.

La mandature 2020 – 2025, la première d’ailleurs, aura été tumultueuse, au-delà des effluves au parfum d’un certain dynamisme. Pourtant  quelquefois, la volonté de faire et de bien faire s’est fait ressentir, mais aussitôt inhibée par le versant  brumeux des principaux acteurs.

Le conseil régional de l’Ouest aura été celui au sein duquel les exigences ont été trop fortes, pas par ce qu’il est l’unique des dix (10) dans lequel siège l’opposition ; mais, par ce que celle qui y cohabite avec le RDPC, s’était donnée la mission de  sentinelle, en dépit de son nombre réduit. Rappelons que L’UNDP dispose des délégués  dans le Conseil régional de l’Extrême – Nord.

Les questions de gouvernance dont la non présentation en plénière, des rapports financiers des deux premières éditions des Redéos ; des incompréhensions sur la passation et  l’exécution de certains marchés publics ; la répartition des projets sans l’avis de certains conseillers régionaux délégués, notamment dans le Noun. A ces reproches, il faut ajouter les soupçons très prononcés de la politisation de ladite répartition des projets ; la mauvaise cohabitation entre le bureau du Conseil régional et les maires.  Ainsi entre autres griefs constamment formulés contre l’exécutif du Conseil régional sortant de l’Ouest, aussi bien par les conseillers régionaux délégués du Noun, que par certains conseillers régionaux d’autres départements. Rappelons que les conseillers régionaux  délégués du Noun sont issus du parti politique UDC.

Certainement mécontents de l’ambiance qui prévalait au sein du conseil régional, certains conseillers régionaux délégués RDPC, n’ont pas assisté à plus de (3) sessions durant toute la mandature.

Les conditions pour une sérénité durable.

C’est au cours de la session de plein droit que, le Conseil régional de l’Ouest avait chopé le virus qui le rongera durant tout le mandat. L’Union Démocratique du Cameroun (UDC), seul parti d’opposition se verra refuser le poste de vice président du Conseil régional. En plus du poste de président et de 1er vice président, le RDPC fera feu de tout bois pour donner la vice présidence  à Ibrahim Vessah, un chef traditionnel du Noun qui traine un différend politico – familial avec l’UDC et son leader. Le RDPC venait ainsi de mettre entre parenthèses,  la prise en compte de la composition de l’organe délibérant. Une attitude qui tranche net avec la répartition faite au parlementaire (Assemblée Nationale et Sénat), au moment de la constitution des bureaux des deux chambres.

Le groupe des conseillers régionaux délégués du Noun, porté par Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, va entreprendre des actions  pour  réclamer ce poste de vice président. Elles tiendront  sur tout le mandat. On aura ainsi des mouvements d’humeur pacifiques et l’abstention à tous les votes de délibérations. On aura retenu pour le féliciter, leur suivi strict de la gestion de Jules Hilaire Focka Focka, le Président du CR de l’Ouest.

Pour une gestion efficace du prochain Conseil Régional de l’Ouest, le sommet du RDPC devra faire abstraction de la politisation accrue de la composition du bureau de l’exécutif et de la répartition des projets. Aussi, il devra brider ceux de ses conseillers régionaux revanchards, pour promouvoir l’équité et la bonne cohabitation entre les acteurs.

Puisque, le RDPC (53 CR) et l’UDC (17 CR) seront probablement  les seuls partis politiques en lice le 30 Novembre 2025 et certainement présents au sein du prochain conseil régional, la majorité pourra évidemment conserver le poste de Président ; mais, céder de droit, celui du 1er vice président à un chef traditionnel et laisser la  vice présidence  au groupe des conseillers régionaux délégués du Noun.

Pour éteindre définitivement le diktat du président du conseil régional de l’Ouest sortant sur les maires, au profit de certains membres du commandement traditionnel (Une CTD n’étant pas la hiérarchie d’une autre), l’exécutif à venir devra fonder sa collaboration avec les communes, d’abord sur l’article 247 du code électoral qui dispose « Chaque département constitue une circonscription électorale pour l’élection des conseillers régionaux ». Cela voudrait tout simplement dire que la  majorité qui découle de cette élection niveau départemental, doit être prise en compte, chaque fois que la décision régionale exige des références locales.  Il faudra revenir au rapport de collaboration que le CGCTD a établi entre la région et les communes.

 

© Alexis Yangoua

 

 

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