UNDP : Bello Bouba doit prendre sa retraite politique.

Après l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025, les résultats d’un bon nombre de bureaux de vote du Grand Nord, et la tendance générale encore officieuse, prédisent une humiliation pour Bello Bouba Maïgari et son parti, L’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP).

Pourtant, sa sortie du gouvernement et la rupture de sa collaboration avec Paul Biya, avaient été perçues par le peuple du changement, comme un levier sur lequel, il pouvait actionner pour faire tomber le régime Biya. On voyait en lui le diable dont parlait l’évêque de Maroua.

Conservateur, suffisant et trop confiant.

Ce sont les caractéristiques d’un prince. Bello Bouba en est un. Un gentleman sorti du moult doré du président Ahmadou Ahidjo et repris par son consanguin politique, Paul Biya devenu Président de la République. Parti du gouvernement pour se lancer dans la course à la présidentielle, le Président National de l’UNDP va écarter toute pratique de populisme, comme élément attractif ; préservant ainsi la noblesse de ses idées. Pourtant, en face, un peuple traumatisé par 43 années de règne d’un régime, est à la recherche d’un messie.

Très suffisant et imbu de sa supériorité, Bello Bouba est conseillé par Pierre Flambeau Ngayap, le Secrétaire Général du parti et Coordonnateur général de sa campagne. Bien qu’étant de l’école politique des années 90, le sénateur nommé n’a jamais été un politicien de race. Le peu dont il  disposait, a été dilué par la collaboration UNDP –RDPC, dont il est l’un des meilleurs bénéficiaires. Son patron et lui n’ont été capables de solutionner  une crise interne, relative aux camarades qui traineraient avec eux, chacun un décret présidentiel. Ils devraient être sortis de l’équipe de campagne du candidat. Face à la sourde oreille de la hiérarchie, l’aile radicale qui quelques semaines auparavant, avait adressé une mise en demeure au Président National, va agir à travers les jeunes militants. Une situation très critique à une période  délicate que Pierre Flambeau Ngaya va aborder avec zèle et impulsion. Cette scène d’une irresponsabilité inouïe, sera filmée et rendue virale.  C’est ainsi sonné le glas de l’UNDP. Porté par la machine communicationnelle du MRC, Issa Tchiroma qui était déjà dans une belle chevauchée, va rattraper Bello Bouda et lui imposer une avance, puis un écart que le candidat de l’UNDP ne parviendra pas à combler.

Une communication désuète, sclérosée et inadaptée

Maïdadi Saidou, le patron de la communication du parti et son adjoint, Madame Abega, appartiennent à la vielle civilisation ; celle de l’analogie. On a retrouvé une stratégie lourde et opaque. Ces doyens ont certainement refusé d’écouter les jeunes du parti, rompus dans les NTIC, alors qu’en face, sentant les faiblesses de l’adversaire local, Issa Tchiroma s’est attaché des services des influenceurs du  MRC. C’était du réel, de l’irréel, du mirifique ; bref ce que le peuple voulait entendre.

Que faire ?

Le Président Bello Bouba doit apprendre des erreurs du Chairman Ni John Fru Ndi. Les partis politiques ne devraient pas adopter le mode successoral, qui régit les chefferies traditionnelles. Si le Président National du SDF avait passé la main de son vivant, il aurait eu le temps de guider son remplaçant avant de rendre son âme à Dieu, et on aurait évité le désastre actuel.

Les tendances, bien que officieuses, sont sidérantes pour l’UNDP. Ce parti politique, leader de l’opposition parlementaire sort de cette élection présidentielle entièrement décharnée. Une situation qui exige des mesures et solutions urgentes, si le Président Bello Bouba Maïgari entend  aborder les élections municipales et législatives de 2026 avec entrain. En l’état, le parti  est en voie de perdre le Conseil régional de l’Adamaoua  au profit du RDPC, à l’issue de la prochaine élection; tellement, le climat interne est trouble.

Même avant la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, le Président Bello Bouba devrait reconnaître sa défaite et faire convoquer un Congrès extraordinaire, au cours duquel, il déposera le tablier et se faire remplacer par un camarade fougueux aux discours fluides, audibles et adaptés aux attentes des citoyens. Seul ce congrès électif à notre humble  avis, pourra galvaniser les troupes et relancer le parti sur le terrain. Le temps de cette campagne électorale, le FSNC a ratissé dans les espaces naturels de l’UNDP.

La politique politicienne  étant un jeu avec son côté obscurcie par les compromis et compromissions, Bello Bouba Maïgari pourrait toujours s’y maintenir pour diligenter les tractations. Mais,  à quel prix?

© Alexis Yangoua

 

 

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