RDPC – Ouest : la région qui attend Hamidou Komidor Njimoluh.

Le nouveau chef de la délégation permanente régionale du RPDC pour l’Ouest a été nommé le 26 Mars 2025, soit deux jours après la célébration de l’an 40 du parti. Le 24 Mars 2025 aura été un instant de bilan de quatre décennies d’existence et de pouvoir. Hamidou Komidor Njimoluh arrive à la tête d’une région dont presque tous ses 8 départements, semblent  se lasser du RDPC.

40 ans de vie du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, ses militants et sympathisants de l’Ouest l’ont célébré et n’ont pas encore cessé de ruminer les gâteaux ingurgités à l’issue de ce moment de glorification, sous fond d’appel à une nouvelle candidature de leur champion de 92 ans et 43 ans au pouvoir. Mais, difficile de dire avec  une extrême conviction que le parti de Paul Biya se porte à merveille dans la région de l’Ouest.

Le Ndé

Si les cadres du partis  du département des « Nobles », notamment Mme le ministre Célestine Ketcha Courtès, par leurs activités constantes sur le terrain, ont jusque là rendu la tâche un peu difficile à l’opposition et essayé de contenir les velléités internes, il ne reste pas moins qu’il faut se méfier de la masse silencieuse. Dans la section Ndé – Nord, comment Hamidou Komidor Njimoluh fera t il pour amener le maire de Bangangté, Eric Niat à comprendre, que malgré le patronyme retentissant et son enthousiasme légitime, il reste un poussin politique au pied de son aînée et présidente de section Célestine Ketcha Courtès?  A Tonga dans la section RDPC Ndé – Sud, les disputes froides et constantes entre le député, le Directeur Général de SONATREL, le maire et le président de section, carburent le MRC. Bazou et Tonga sont des sections à vocation rurale où, les élites notamment bourgeoises peuvent encore tenir en captivité la conscience d’un bon nombre de citoyens. Mais, toujours se méfier d’un peuple qui joue l’âne pour mériter le foin.

Le Noun

Dans le Noun, même si rien n’est gagné d’avance pour l’opposition, le RDPC peine à remonter son retard malgré les essais du ministre délégué Njoya Zakariaou, Seïdou Mbombo Njoya et quelques autres dont un certain Kosovo qui semble s’être éteint à l’allumage . Le chef de la délégation permanente régionale connait parfaitement le mal de son département. D’ailleurs, certains de ses camarades  estiment  qu’il en fait partie. La question actuelle de cette délégation départementale se pose en termes de rassemblement et de construction autour du calife ;  et même de l’allégeance politique au sultan que l’on sait, n’a pas encore le poids de son défunt  père. A lui tout  seul,  SM Ibrahim Mbombo Njoya portait quatre responsabilités lourdes et influentes, dont trois que Paul Biya dépèce chaque jour, tel le boucher de la communauté « politique » : sénateur à Seïdou Mbombo Njoya et à un filleul,  la chefferie de la délégation permanente régionale. A qui reviendra son siège du bureau politique ? Toutes ces quatre ailes sus mentionnées, portaient chacune des partisans aux intérêts spécifiques. Comment mettre tous les caciques du Noun et filleuls  du père sous la coupole de son héritier ?  Et sur les trois ailes politiques, deux ont été déjà confiées aux hommes situés, à travers lesquels, le bas peuple du Noun, notamment la classe jeune a du mal à s’identifier. La bataille entre les tenants de la tradition et ceux des valeurs traditionnelles, commence à poindre au sein du RDPC de ce département. Des relents d’un conflit de générations « politique ».

Le Haut Nkam

Le Haut Nkam, sans un seul fils au gouvernement depuis plus d’une dizaine d’années, est un casse – tête pour la délégation départementale. Le parti au pouvoir sombre dans la léthargie aggravée avec le décès de Tchouala Moto. Passé les moments lumineux avec Siam Siyam Alphonse. Bien que volontaire, Françoise Puene dite Mami gnaga a du mal à s’y concentrer. Entre temps, le MRC, l’UMS, le MCNC et le MPC de Joseph Clovis Ngueussieuck, le maire  de Banka, se pourlèchent à la veille de 2026. La délégation permanente départementale du Haut Nkam avait misé sur le poste du président du conseil régional pour essayer de combler ce déficit en élites et personnes ressources. Malheureusement, le département de la  Mifi moins pourvoyeur d’élus locaux que le Haut Nkam, du point de vue pourcentage, avait été aidé dans leurs négociations par Niat Marcel, et surtout SM Ibrahim Mbombo Njoya. Qu’en sera-t-il en 2025, notamment pour le conseil régional ?

Les élections locales de 2026, ne seront pas aisées, une fois encore ;  et  le Haut Nkam pourrait afficher une montée en puissance des oppositions.

Le Nkoung – khi

Le nouveau chef de la délégation départementale du Nkoung – khi, Albert kouincheu n’est pas Fotso victor et d’ailleurs, la guerre du partage des biens du défunt milliardaire de Bandjoun n’est pas sans impacte négatif sur le jeu politique. C’est un véritable acteur de terrain politique qui, on pourrait dire « offre sans compter ». Les grands caciques et pourvoyeurs de fonds ayant quitté la scène des vivants, Albert kouincheu peut s’adjuger et arborer fièrement son couronne de  Grand Manitou du Nkoung – Nki. Mais, ses bisbilles avec madame le maire Maptue Talla de Pete – Bandjoun dont les réalisations sont encourageantes, restent une plaie à panser avec espoir,  qu’elle se cicatrisera avant  l’enjeu de 2026. Le Nkoung – Khi et les Hauts Plateaux respirent le même air et pourraient être influencés par le désir croissant de ne pas décevoir le fils du village : Maurice Kamto.

Si Pete Bandjoun se donne les moyens de résister, Bayangam et Djebeng émet des signaux peu rassurants.

Les Hauts plateaux

Dans ce département d’origine de Maurice kamto, Président National du MRC, il se susurre là bas, qu’il ne sera pas question de lâcher le frère et fils comme cela se vit dans le Dja – et – Lobo de Paul Biya. Luc Sindjou, Bernard Fongang, Xavier Takam, se battent pour garder le parti au dessus de l’eau ; Théodore Datouo, ayant perdu quelques plumes dans la guerre de succession à la chefferie Bangou. On s’attend à des rixes entre le sénateur chef Pokam Max 2 et les cadres locaux de l’opposition de son groupement, comme ce fut le cas en 2018. Mais, pour ce qui concerne les élections locales, la puissance du monarque pourrait ne pas fonctionner, par ce  qu’il s’agira de la protection de son vote pour devenir conseillers municipaux, maires  députés et plus tard, créer des conseillers régionaux délégués de son bord. Batié de Fongang Bernard, nouveau membre du comité central du parti, se donne à fond pour maintenir la flamme ardente. Baham et Bangou seront fortement Impactés.

Les Bamboutos

Dans les Bamboutos, Emmanuel Nganou Djoumessi, tient bon, mais l’opposition respire à pleins poumons. Le ministre des travaux publics est certes très adulé pour ses réalisations palpables, mais une bonne partie du peuple ne veut plus du RDPC. Ceci aussi du fait, de certains de ses élus, notamment parlementaires dit on trop égoïstes et inamovibles depuis trois mandats. Galim, Babadjou, Batcham et une partie de Mbouda font la grise mine. Mais, la grosse difficulté de l’opposition pourrait venir de son incapacité à mobiliser pour le contrôle strict de tous les bureaux de vote. Le ministre Nganou sait trouver les moyens de sa victoire bonne ou mauvaise.

La Menoua

Chez le SG Jean Kuete, la mise en retraite politique de Etienne sonkin, ancien du SDF, le départ du très bouillonnant Christian Fouelefack du MRC et son incarcération, donnent à espérer au RDPC ; qui malheureusement  est vomi par une bonne frange de jeunes. Ici, comme dans la plupart des délégations permanentes départementales, le RDPC pourrait bénéficier du faible dispositif de contrôle du processus de vote, des partis adverses. La volonté du bas peuple de ce département  toujours très enclavé, est suffisamment exprimée : un changement de paradigme  et d’Hommes.  « Le poste de Secrétaire Général du Comité Central du RDPC  nous a apporté quoi par rapport à ce que Nganou donne à Mbouda ? Même les anciens ministres originaires et ceux actuels, n’ont rien apporté à cette ville historique » réagit Carine, une jeune de la Menoua, de mère Batcham. Tout y est. La ville de Dschang remémore l’époque du maire Sonkin Etienne, qui malheureusement s’est lui – même inscrit dans le passé.

La Mifi

Dans la Mifi, le RDPC peine et il lui sera davantage plus compliqué en 2026. « Est-ce l’opposition existe encore ? » entend on claironner  quelques cadres du RDPC de ce département. Pour ces derniers aux rangs desquels des grosses légumes, le maire Ngnang Cyrille était le dernier des Mohicans. Pris dans la nasse du poissonnier, le maire actuel de Bafoussam 1re  d’origine SDF, serait donc la prise qui n’aura laissé que de têtards dans la rivière des oppositions. Malheureusement, ce n’est pas certain que les attentes escomptées, seront au rendez – vous. La côte de la recrue semble avoir dégringolée dans l’opinion.

Selon certains citoyens de la Mifi, les députés, les maires de Bafoussam 2ème et 3ème, n’ont véritablement pas convaincu les électeurs. En réalité, l’envie de changer et voir autre chose que le RDPC, a plombé la nécessité  de faire le bilan de chacun d’eux.  Pourtant, tous n’ont pas été si mauvais. Normal, lorsque le représentant du peuple se contente du vernissage au nom du respect de la discipline du parti, au lieu de compatir avec lui, son rejet total devient la seule et unique solution.

Ainsi dans la région de l’Ouest, en dépit des assurances affichées au cours des cérémonies de l’an 40 du RDPC, 2025 et 2026 pourraient ne pas être rose pour le parti au pouvoir. Même sa grosse puissance financière pourrait ne pas suffire pour détourner  l’engagement perceptible des électeurs.

Avec 33 communes et 1 ville, 10 sénateurs, 19 députés et 73 conseillers régionaux,  c’est certes une machine de guerre, mais  une certaine opinion pense que le RDPC Ouest  a aujourd’hui  a toutes les allures d’un géant au pied d’argile.

Bien sûr, la scène politique étant dynamique, la tendance observée au moment où le nouveau chef de la délégation permanente régionale  prend  ses fonctions, peut varier et devra varier selon le cours  des événements et le jeu des acteurs.

© Alexis Yangoua

 

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